Hauts-de-France: Drone, Internet, smartphone... Les détenus des prisons plus connectés que jamais

SOCIÉTÉ De manière tout à fait illégale, les nouvelles technologies ouvrent les portes des établissements pénitentiaires…

Mikael Libert

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Les détenus toujours plus connectés.
Les détenus toujours plus connectés. — Marc Levy/AP/SIPA

Des détenus 2.0. La prison est, par définition, un lieu où l’on est coupé du monde. Dans les faits, c’est de moins en moins vrai. Les pensionnaires des établissements pénitentiaires rivalisent d’ingéniosité pour rétablir le lien vers l’extérieur et les nouvelles technologies leur facilitent grandement la tâche.

Le nerf de la guerre

Le téléphone portable, c’est le nerf de la guerre. « On en trouve à chaque fouille. Parfois jusqu’à trois appareils dans la cellule d’un seul détenu », constate Frédéric Charlet du syndicat UFAP-UNSA Pénitentiaire du Nord. Une fois dans les murs, ces téléphones servent « à tout ce que vous et moi pouvons faire avec un portable », assure le syndicaliste.

Les détenus s’affichent sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas en 2015 à la maison d’Arrêt d’Arras, où les prisonniers alimentaient une page Facebook de photos et vidéos réalisées à l’intérieur de l’établissement.

Ces mêmes réseaux sociaux servent encore à communiquer sur la vie derrière les barreaux. Récemment, des détenus de la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) ont contacté La Voix du Nord pour se plaindre de leurs conditions de détention. En octobre dernier, un pensionnaire de Sequedin avait filmé les rats qui y pullulaient.

Les portables permettent de garder le contact avec les proches. Appels à la famille, SMS ou encore chat via des messageries Internet. Plus rarement, certains s’en servent pour continuer leur « business ». « Il arrive que la justice nous demande de ne pas saisir les téléphones de tel détenu parce qu’il est sur écoute dans le cadre d’une enquête », glisse Frédéric Charlet.

Livraisons par drone

Pour faire passer les téléphones, plusieurs solutions : « Projections, parloirs et même le personnel », déplore Pascal Decary de la CGT Pénitentiaire. Moins courant, mais plus high-tech, il y a maintenant la livraison par drone. C’est arrivé dimanche dernier à la prison d’Annœullin. « Un gros engin avec une pince a lâché un colis avec deux portables au-dessus d’une cour de promenade », selon l’UFAP-UNSA. Les appareils ont été récupérés mais le pilote, lui, court toujours.