Calais: Occuper l'ancienne «Jungle», le défi de la ville de Calais

MIGRANTS La ville de Calais a déjà des idées pour occuper l'ancien site de la «Jungle»...

Olivier Aballain

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Calais, le 11 janvier 2017. Trois mois aprs le demantelement du camp de refugies de la jungle, les associations ont constate un retour au compte-goutte de migrants.
Calais, le 11 janvier 2017. Trois mois aprs le demantelement du camp de refugies de la jungle, les associations ont constate un retour au compte-goutte de migrants. — M.Libert/20 Minutes

Il ne reste que le bruit de la rocade portuaire et les ronronnements de la zone industrielle des Dunes, à Calais. Moins de 100 jours après l’évacuation des milliers de migrants qui occupaient l’ancien site dit de la « Jungle », les lieux sont toujours vides de toute présence humaine.

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Même les traces d’animaux sont rares, dans les dunes sablonneuses qui jalonnent ce petit désert de 20 hectares.

Il suffit d’y rester cinq minutes pour comprendre ce qui se joue ici : plusieurs camions de CRS débarquent afin de questionner ceux qui viennent troubler le calme de l’endroit.

La maire de Calais a pris un arrêté municipal à la mi-janvier, pour officialiser l’interdiction d’accès au site. Pour Natacha Bouchart, l’enjeu c’est de vite occuper l’espace. « La ville a regagné un peu de sérénité, il faut maintenant que les projets repartent ».

Zone d’activités « légères » et site d’exception

Et ces « projets » passent par l’ancienne « jungle ». Sur la moitié sud, la ville imagine une «zone d’activités légères, qui soit compatible avec le site naturel remarquable » projeté au nord. « On pourrait imaginer l’installation d’une zone de services, non polluants, et de terrains de concours [pour chevaux], car il n’y en a pas dans le secteur ». Un centre équestre jouxte déjà la zone.

Les terrains du sud de l’ex-jungle appartiennent à la mairie, mais ils sont catégorisés en zone d’intérêt écologique (ZNIEFF). Pour y implanter une activité il faudra donc les déclasser, en accord avec la préfecture. Natacha Bouchart, confiante, espère lancer les discussions « dès ce mois de janvier ».

Quant à la moitié nord, elle pourrait être intégrée à un projet de « site naturel d’exception » porté par le Conservatoire du littoral. L’organisme, déjà propriétaire de 300 hectares voisins, à l’est, espère à terme ouvrir le site au public. « Nous réfléchissons depuis longtemps à cette ouverture », confirme Loïc Obled, le délégué du Conservatoire dans la région. « A côté d’un grand port et de ses activités industrielles, ce serait une zone unique. »

Va-t-on démonter les barrières ?

Deux hectares ont déjà été « nettoyés ». Les buttes et les larges trous d’eaux sommairement aménagés y présentent l’avantage de « limiter les intrusions » tout en favorisant l’installation de la faune et de la flore.

A terme, au lieu du camp de migrants bardé de barrières, les Calaisiens auraient accès à une zone naturelle ? « Pas seulement les Calaisiens », espère la maire, qui rêve d’une ville entourée de deux sites naturels d’exception : celui des Deux Caps, au sud, et le nouveau, en projet. Et les barrières ? « Certaines ont été installées en une semaine, on peut les démonter en une semaine », assure Natacha Bouchart.