Handicap: Lames de joie, l'association qui permet aux enfants amputés de faire du sport

OMNISPORTS Créée en aôut dernier à Berck-sur-Mer, l'association prête gratuitement des lames de carbone aux enfants amputés durant toute leur croissance...

Francois Launay

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Ethan a pu bénéficier d'une lame de carbone pour pratiquer le street jazz
Ethan a pu bénéficier d'une lame de carbone pour pratiquer le street jazz — Lames de joie

Fan de danse et plus spécifiquement de street jazz, Ethan n’a jamais vraiment pu pratiquer son sport favori. Amputé d’une jambe à l’âge de dix mois, l’adolescent de 13 ans devait danser avec une prothèse classique. Appuis compliqués, lourdeur, difficulté pour se mouvoir, cette solution n’était pas idéale pour faire du sport.

Mais depuis le mois d’octobre, le Calaisien bénéficie d’une lame spécialement dédiée à la pratique sportive. « Il est super content car il est beaucoup plus à l’aise pour la course et surtout la danse. Tout ça l’a rendu très fier et lui a redonné confiance en lui. Il est très épanoui », se réjouit Stéphanie, sa maman.

Ethan a pu bénéficier d'une lame de carbone pour pratiquer le street jazz
Ethan a pu bénéficier d'une lame de carbone pour pratiquer le street jazz - Lames de joie

Prêter gratuitement des lames de carbone aux enfants

Sans le soutien de l’association Lames de joie, créée en 2016 à Berck-sur-Mer, Ethan n’aurait jamais pu s’offrir cette prothèse en carbone popularisée notamment par l’ancien champion paralympique Oscar Pistorius. Car ces lames coûtent entre 3000 et 4000 euros l’unité. Et doivent être changées tous les neuf kilos pendant la croissance de l’enfant entre 6 et 16 ans.

Alors, pour permettre aux jeunes amputés de pouvoir faire du sport sans dépenser une fortune, l’idée de créer une banque de prêts gratuits de lames de carbone est née à la suite d’une rencontre entre un chef d’entreprise et un médecin.

Une activité financée par des dons et des aides

« Quand j’étais président de la Table ronde française (club de chefs d’entreprise), j’ai rencontré le docteur Frédéric Charlaté qui travaille avec des enfants amputés à la fondation Hopale de Berck. C’est lui qui a eu cette idée. Il est venu me voir et on a mis ça en place. On veut que les enfants bénéficient de ces lames sans aucune caution et durant toute leur croissance. Tout est pris en charge, les familles n’ont rien à débourser », explique Jean-Marc Lamblin, président de l’association.

Pour financer l’achat du matériel, l’association, qui travaille en collaboration avec des orthoprothésistes et un fabricant de lame, est soutenue par des dons privés, des aides d’entreprises et des fondations. Tous les dons sont ensuite reversés à la fondation Hopale de Berck qui stocke les lames de carbones. Pour en bénéficier, pas besoin de s’y déplacer. Les prothèses sont envoyées aux audio-prothésistes qui en font la demande. Et quand elles reviennent après utilisation, elle sont remises en état pour pouvoir ensuite profiter à un autre enfant.

Huit enfants en ont déjà bénéficié en à peine cinq mois

« Si en France, beaucoup d’appareillages sont remboursés, ce n’est pas le cas de ces lames en carbone. La plupart des familles ne peuvent pas se permettre de financer une prothèse à leur enfant juste pour faire du sport. Il y a donc une réelle demande », ajoute Frédéric Charlaté, chef de service appareillage à la fondation Hopale de Berck-sur-Mer.

La petite Inaya est juchée sur les épaules de Frédéric Charlaté
La petite Inaya est juchée sur les épaules de Frédéric Charlaté - Lames de joie

Aujourd’hui, en à peine cinq mois, huit enfants ont déjà pu bénéficier de ces prêts. Vu le succès rencontré qui devrait s'étendre à toute la France, Lames de joie a déjà décidé d’accompagner les enfants jusqu’à l’âge adulte. «Quand ils auront 16 ans, on ne va pas leur dire, maintenant, débrouillez-vous. On s’est aussi engagé à financer la première lame adulte de l’enfant pour qu’il puisse partir dans la vie active avec quelque chose d'adapté à sa taille », détaille Frédéric Charlaté fier d’une initiative qui a redonné le sourire «à des enfants heureux et ravis de redécouvrir une activité physique».