Scandale de l’amiante: Un ténor du barreau au secours des victimes

JUSTICE Plus de vingt ans après les premières plaintes, l’avocat Eric Dupond-Moretti a accepté de reprendre deux dossiers emblématiques…

Mikael Libert

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L'avocat pénaliste lillois Eric Dupond-Moretti.
L'avocat pénaliste lillois Eric Dupond-Moretti. — M.Libert / 20 Minutes

« Réveiller le dossier ». Pierre Pluta, président de l’ARDEVA Hauts-de-France, association des victimes de l’amiante, a annoncé l’arrivée de l’avocat nordiste Eric Dupond-Moretti dans l’équipe de défense de l’association. Il espère ainsi, grâce à la présence de ce ténor du barreau, bousculer un peu la justice.

« Le meilleur pénaliste français »

« Nous avons enfin un avocat pénaliste pour relancer la procédure pénale et essayer de faire juger ceux qui, au plan national, sont les responsables de la catastrophe sanitaire de l’amiante », a déclaré, jeudi, Pierre Pluta. Et le choix de l’ARDEVA ne s’est pas porté sur le célèbre homme de loi lillois pour rien. Eric Dupond-Moretti est « considéré comme le meilleur pénaliste français. Il est surtout connu comme avocat de la défense. C’est un avocat de la cause de son client, et qui le fait très bien », a ajouté le président nordiste de l’association.

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Et le scandale de l’amiante traîne depuis déjà bien longtemps. Les premières plaintes ont en effet été déposées en 1996, il y a plus de vingt ans. Mais l’homme de loi ne sera chargé que de deux dossiers : celui de Jussieu et celui des chantiers navals Normed, à Dunkerque, les seuls où des responsables présumés ont été mis en examen. Prononcées entre fin 2011 et début 2012, ces mises en examen sont toutes, depuis, contestées devant la justice. C’est la cour d’appel de Paris qui est aujourd’hui chargée de confirmer ou non ces mises en examen.

Confirmer les mises en examen

Dans les colonnes du Figaro, Eric Dupond-Moretti explique qu’il a déjà commencé à bosser son sujet. L’avocat a saisi le procureur général de la cour d’appel de Paris « pour que cette audience, qui aurait dû se tenir il y a longtemps, soit enfin programmée ».

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Selon le défenseur lillois, « tout a été prétexte à perdre du temps » alors « qu’a terme, l’amiante va faire plus de 100.000 morts en France », assure-t-il. Mais l’avocat a bon espoir, « parce que l’on peut toujours espérer rencontrer un juge qui aura envie de faire bouger les choses ». Pour Pierre Pluta, « cela ne signifie pas que nous allons réussir, mais au moins nous aurons essayé ».