Le procès de l'amiante charge le groupe Alstom

O. A. - ©2007 20 minutes

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Le réquisitoire était sévère hier en appel à Douai, contre Alstom et l'ancien directeur industriel de l'usine Stein de Lys-lez-Lannoy. Face aux 150 ex-salariés qui estiment avoir été exposés sciemment à l'amiante, la procureure de la République a demandé la confirmation des peines prononcées en septembre 2006 à Lille. Soit 75 000 euros d'amende pour mise en danger de la vie d'autrui à l'encontre d'Alstom et 15 000 euros d'amende assortis de 9 mois de prison avec sursis pour l'ancien directeur.

Sa démonstration a notamment rappelé l'absence d'inventaire fiable de la présence d'amiante dans l'entreprise (33 tonnes en seront finalement extraites lors du désamiantage) et le témoignage d'une inspectrice du travail confrontée à de la « rétention d'information ». Plus qu'en première instance, le réquisitoire a insisté sur la responsabilité primordiale d'Alstom. Selon la procureure, le groupe s'est montré « uniquement mû par la logique économique ». Quant au directeur, « un ingénieur des Mines qui connaissait la dangerosité du minerai amiante », il a, selon elle, « laissé passer toutes les occasions de réagir ». La défense doit plaider aujourd'hui.