Tourcoing: Une caissière impute à Auchan City sa fausse couche, l'enseigne «attristée» conteste

SOCIETE Âgée de 23 ans, l'hôtesse de caisse a fait une fausse couche sur son lieu de travail...

Mikael Libert

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Une caisse dans la magasin Auchan City de Tourcoing.
Une caisse dans la magasin Auchan City de Tourcoing. — M.LIBERT/20 MINUTES

Fin novembre, la grossesse d’une salariée d’Auchan City, à Tourcoing, a pris un tournant dramatique. La jeune femme accuse la direction du magasin d’un manque de considération de son état qui a eu pour conséquence la perte de son enfant.

C’est l’Union locale de la CGT de Tourcoing qui a pris l’affaire de « Fadila » en main. Fadila étant un nom d’emprunt. A 23 ans, cette jeune femme avait entamé un contrat de professionnalisation dans le magasin Auchan City, à Tourcoing, début novembre. En proie à de fréquents malaises, Fadila a dû prendre trois arrêts maladie entre le 3 et le 20 novembre. Mais dès le premier arrêt, son médecin lui a signifié que ses douleurs étaient liées à une grossesse estimée à deux mois.

« J’avais des envies de vomissement »

Dans un courrier adressé à la direction du magasin – et publié sur Twitter par la CGT Publicis –, la salariée affirme qu’elle a demandé à plusieurs reprises « des changements d’horaires » après avoir découvert que son planning de travail était « particulièrement chargé » la contraignant à des journées incompatibles avec son état de santé. Toujours selon elle, ces aménagements lui ont été refusés. « J’avais des envies de vomissement telles que, empêchée de quitter mon poste, j’étais obligée de ravaler lesdites envies ».

« Cette affaire nous attriste, mais nous n’avons jamais reçu de demande d’aménagement de son planning de la part de cette salariée », rétorque la direction nationale d’Auchan, qui évoque une « incompréhension mutuelle » ainsi qu’une « instrumentalisation par le syndicat CGT ». Sur Twitter, la direction du groupe annonce que la caissière sera reçue par la DRH «dès son plein rétablissement». Des twittos, eux, mettent en accusation l'enseigne.

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Après son troisième arrêt, Fadila a repris le travail le 21 novembre. Les douleurs sont revenues vers 15h mais elle a dû attendre la pause de 16h30 pour aller aux toilettes. En vain, elle a demandé qu’on lui apporte un médicament. Plus tard, tordue de douleur, la jeune femme a constaté que son siège était couvert de sang. Le responsable de la sécurité l’a accompagnée aux toilettes et a prévenu les pompiers. Trop tard. « Un pompier alla chercher le fœtus dans la cuvette et m’annonça la perte de mon bébé », explique Fadila.

« Absence manifeste d’empathie et de compassion »

Ce que l’hôtesse de caisse reproche le plus à sa direction, c’est une « absence manifeste d’empathie et de compassion », ainsi qu’une charge de travail trop lourde étant donné son état.

L’enseigne de grande distribution assure aussi que « toute la partie administrative a été faite dans les règles », même si elle reconnaît que la déclaration d’accident du travail, reçue par la salariée, vendredi, « a été tardive ».

Fadila, qui ne demandait qu’à être traitée comme « une personne humaine » a sollicité l’ouverture d’une enquête de la part du CHSCT d’Auchan. En réponse, elle a reçu une lettre d’avertissement pour son dernier arrêt maladie.