Calais: La Grande-Bretagne a accueilli 468 mineurs de la «jungle»

MIGRANTS Les autorités britanniques ont accueilli plusieurs centaines de mineurs réfugiés en provenance du camp démantelé à Calais…

O.A. avec AFP

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Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais.
Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais. — Gilles Durand / 20 Minutes

Entre Londres et Paris, l’heure n’est plus aux rodomontades à propos de Calais.

Le ministère de l’Intérieur a indiqué ce mardi à l’agence AFP que 468 mineurs réfugiés, issus du camp évacué en novembre, avaient été accueillis au Royaume-Uni, et que ce processus devrait se poursuivre.

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En amont et au moment de l’évacuation du campement de Calais, surnommé la « jungle », les autorités françaises et britanniques s’invectivaient mutuellement, chacun appelant l’autre à prendre « ses responsabilités » pour la protection et l’accueil des mineurs.

Plus de 850 migrants mineurs accueillis en 2016

En vertu d’un accord signé en mars à Amiens, les Britanniques s’étaient engagés à accueillir tous les mineurs isolés « dont les attaches familiales sont établies » (au regard de la réglementation européenne sur l’immigration). En outre, selon Bernard Cazeneuve, le Royaume-Uni promettait d’examiner les cas de mineurs « dont l’intérêt supérieur serait de rejoindre ce pays ».

L’engagement britannique a donc été respecté, selon le ministère de l’Intérieur français, qui indique que « la coopération se déroule bien » entre les deux pays. Au total depuis le début de l’année, 866 réfugiés mineurs auraient ainsi été transférés outre-Manche, un chiffre sensiblement supérieur à celui communiqué vendredi à Londres par le secrétaire d’État à l’Immigration Robert Goodwill, qui évoquait « plus de 750 enfants » arrivés de Calais.

Critères resserrés

Cependant, côté français des voix s’élèvent pour s’inquiéter d’un durcissement progressif des négociations alors que l’urgence de la situation des mineurs, éparpillés dans toute la France, a perdu en visibilité.

Selon le ministère de l’Intérieur français, plus de 1.900 jeunes migrants ont été pris en charge après le démantèlement du campement de Calais, et relogés dans des centres d’accueil dédiés (Caomi), dans l’attente de l’examen de leur demande de transfert vers le Royaume-Uni.

Cependant à la mi-novembre, Londres a resserré ses critères d’éligibilité : avoir 12 ans ou moins, ou être exposé à un risque élevé d’exploitation sexuelle, ou bien avoir 15 ans ou moins pour les Syriens ou Soudanais.

« Notre crainte est que, si la Grande-Bretagne arrête de prendre des mineurs, ceux-ci ne s’enfuient des centres où ils sont placés » et reviennent vers Calais, met en garde Geneviève Jacques, la présidente de la Cimade, une association de solidarité avec les réfugiés, pour qui « il faut que la France durcisse le ton » sur ce dossier.

Les mineurs retoqués par la Grande-Bretagne doivent être soumis à une évaluation de leur âge et de leur isolement, et transférés à l’aide sociale à l’enfance, qui dépend des départements. Or, « on sait les réticences des départements » en la matière, soupire Geneviève Jacques.