Hauts-de-France: Un geste pour les mineurs licenciés en 1948

POLITIQUE Les mineurs licenciés abusivement en 1948, et leurs ayant-droit, obtiennent un délai supplémentaire pour déposer une demande d'indemnisation...

Olivier Aballain

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François Hollande et Norbert Gilmez, en septembre 2016 à l'Élysée
François Hollande et Norbert Gilmez, en septembre 2016 à l'Élysée — Michel Euler/AP/SIPA

Soixante-huit ans après les faits, l’État n’est plus à quelques mois près. L’Assemblée nationale a voté, dans la nuit de mercredi à jeudi, un amendement permettant de repousser la date butoir pour les demandes d’indemnisation des mineurs licenciés pour faits de grève en 1948 et 1952.

En vertu de ce texte, la date limite est repoussée au 1er juin 2017, au lieu de la fin 2015, pour le dépôt des demandes d’allocation adressées par les travailleurs licenciés, leur conjoint survivant et leurs enfants.

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Le versement de ces allocations sera réalisé par l’agence nationale pour la garantie des droits des mineurs (ANGDM), à réception des demandes, est-il précisé dans l’exposé de l’amendement.

Des indemnités de 5.000 à 30.000 euros

En 2014, le Parlement avait voté la reconnaissance du licenciement abusif d’une trentaine de mineurs grévistes. Après des dizaines d’années de lutte, menée notamment par le Nordiste Norbert Gilmez, le texte leur permettait enfin de recevoir, eux ou leurs ayants droit, une indemnisation de 5.000 à 30.000 euros, conformément à l’engagement pris par la ministre de la Justice de l’époque, Christiane Taubira.

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A l’automne 1948, plusieurs milliers de mineurs des sites du Nord-Pas-de-Calais avaient cessé le travail pour protester contre des décrets qui prévoyaient notamment la baisse de leur rémunération.

Au terme de près de deux mois de grève, marqués par de très violents heurts avec les forces de l’ordre, près de 3.000 mineurs avaient été licenciés, avec l’aval du gouvernement socialiste de l’époque. Plusieurs centaines d’entre eux avaient été poursuivis en justice et condamnés, certains à des peines de prison ferme. Ils avaient perdu logement, chauffage et soins gratuits fournis, par la mine et furent parfois interdits d’embauche ailleurs.

Un autre mouvement similaire avait eu lieu en 1952.

La mesure votée en 2014 prévoit en outre que les programmes scolaires « devront accorder aux grèves des mineurs de 1948 et 1952 la place conséquente qu’elles méritent ».