Nord: Enquête ouverte après la découverte d'un cerf décapité

CHASSE L'Office de la chasse a ouvert une enquête après la découverte d'un cadavre de grand cerf, espèce protégée dont les trophées peuvent rapporter gros...

Olivier Aballain

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Un grand cerf au Danemark.
Un grand cerf au Danemark. — ANGOT/SIPA

L’affaire commence par une découverte macabre dans la forêt de Mormal. Le cadavre d’un grand cerf, trouvé décapité dans un massif de l’Avesnois (Nord), pose question aux défenseurs des animaux, et à l’Office national de la chasse.

Car ce qui pourrait ressembler, de loin, au scénario d’un mauvais film sur des rites sataniques pratiqués dans une lointaine province, résulte en réalité d’une probable histoire de braconnage et de gros sous.

Effectifs divisés par deux en six ans

France 3, qui rapporte l’information sur son site Internet, rappelle que l’Avesnois est le seul secteur de la région à compter encore des grands cerfs, représentants emblématiques d’une espèce strictement protégée. Selon Jean-François Hogne, du collectif Mormal patrimoine, il ne resterait plus que 180 individus, dont 25 grands mâles. On en dénombrait encore 50 en 2010.

La chasse de ces grands cerfs est donc sévèrement encadrée : cette année, seize animaux, dont seulement deux grands cerfs, pouvaient être abattus par les sociétés de chasse dûment habilitées. Chaque prise doit être déclarée officiellement et affublée d’un bracelet d’identification. Problème : dans le cas du cadavre retrouvé la semaine dernière, aucune déclaration n’est parvenue aux autorités. Pourtant celles-ci ont bien retrouvé la tête, chez un particulier.

De là à penser que le tueur (ou la tueuse) a préféré garder son bracelet pour une autre fois, il n’y a qu’un pas, que les défenseurs de la forêt de Mormal ont d’ailleurs franchi. Car la chasse au « trophée » est un business plutôt lucratif pour les sociétés de chasse, qui peuvent organiser une sortie pour 40 personnes à 250 euros la journée…

Sur sa page Facebook, le collectif Mormal patrimoine met même nommément en cause l’Office national des forêts, en charge de la distribution des bracelets aux sociétés de chasse, et qui aurait laissé un chasseur abattre un autre grand cerf sur sa propre parcelle.

Une plainte a été déposée, et l’Office national de la chasse a ouvert une enquête, pour coincer celui ou celle qui a tué, d'un coup de carabine, l’animal retrouvé décapité. La chasse au chasseur est ouverte.