Nord: Trois idées reçues sur les pics de pollution

ENVIRONNEMENT La région Hauts-de-France connaît un épisode de pollution aux particules de plusieurs jours...

Olivier Aballain

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Évolution du nombre de jours au-dessus de 50 µg/m³ de particules dans l'atmosphère en Nord-Pas-de-Calais, entre 2012 et 2016
Évolution du nombre de jours au-dessus de 50 µg/m³ de particules dans l'atmosphère en Nord-Pas-de-Calais, entre 2012 et 2016 — M.Libert / O. Aballain / 20 Minutes

Trois jours de pollution aux poussières dans le Nord. L’épisode en cours, commencé lundi, devrait être terminé demain jeudi, d’après les dernières prévisions de l’organisme Atmo Nord-Pas-de-Calais. En attendant de pouvoir remettre le nez dehors sans craindre la quinte de toux, voici, chiffres à l’appui, quelques remises au point.

Idée reçue n°1 : Il y a de plus en plus de pics de pollution aux poussières. C’est FAUX. Depuis le début des années 2000, la surveillance de la qualité de l’air s’est beaucoup structurée.

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En Nord-Pas-de-Calais et Picardie, l’organisme Atmo a multiplié les points de mesure et dispose même d’un outil de modélisation de l’atmosphère qui permet de prévoir, autant que possible, les épisodes de pollution avec un jour d’avance.

Mais si l’on examine l’historique depuis 2012, le nombre d’épisodes de pollution aux poussières fines (PM10) affiche une baisse réelle en Nord-Pas-de-Calais.

Idée reçue n°2 : Les transports routiers constituent la principale source de particules fines. C’est FAUX. Avec 19,3 % des émissions moyennes de particules, le secteur des transports ne constitue que la 4e source de poussières fines dans l’atmosphère du Nord-Pas-de-Calais.

Le constat est encore plus net en période hivernale, lorsque le chauffage (résidentiel ou de locaux tertiaires) prend une importance prépondérante. Ainsi, lors d’épisodes de pollution analysés à Nantes en janvier et février 2015, 40 à 60 % des émissions de particules provenaient de la combustion de biomasse (bois, notamment).

Toutefois, le transport routier, qui compte pour 80 % des émissions liées au transport, constitue bien l’une des contributions les plus simples à réduire immédiatement en cas d’alerte. Ainsi Airparif a calculé qu’en mars 2014, la mise en place de la circulation alternée un jour de pollution avait permis de réduire les émissions de particules de 6 % par endroits, et de 2 % en moyenne, pour une réduction du trafic de 18 %.

Idée reçue n°3 : Seules les zones urbaines sont concernées. C’est FAUX. Très légères, les particules fines voyagent facilement dans l’atmosphère et ignorent bien sûr les frontières, comme on a pu le constater lors d’un épisode relevé en novembre. Certes, la concentration d’activités dans la métropole y localise une bonne part des sources de poussières.

Episode de pollution aux particules du 7 décembre 2016, par Prev'Air
Episode de pollution aux particules du 7 décembre 2016, par Prev'Air - Prev'Air

Mais les campagnes nordistes profitent largement des panaches de pollution qui s’étendent, souvent, de la région parisienne aux Pays-Bas, en passant par Lille et le Dunkerquois. En outre, en zone rurale des particules sont produites par l’activité agricole (22,3 % des émissions), notamment via l’épandage d’engrais azotés.