« Contre le blocage et sans avis sur la loi »

Recueilli par Vincent Vantighem - ©2007 20 minutes

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Gonzague Laumet

Responsable du collectif Etudiants contre le blocage (ECB) à Lille-II, étudiant en droit.

Quelle est votre position sur la loi dite « Pécresse » ?

Nous sommes contre le blocage des universités et nous n'avons pas d'avis sur la loi. On n'empêche pas les gens de manifester, on veut juste aller en cours pour avoir les mêmes chances que tout le monde.

Comment cela ?

Lors du combat contre le CPE, on a perdu un semestre de cours. Un semestre de cours qu'ont pu suivre les étudiants de la Catho [une fac privée]. Je suis sûr que les recruteurs sont conscients des différences de niveaux qui s'installent. Le blocage entraîne une sélection par l'argent.

Mais, sans prendre position sur le débat, comment faites-vous pour convaincre les étudiants de voter contre le blocage ?

On a du mal à mobiliser les gens. Les étudiants qui défendent notre cause habitent peut-être plus loin que les bloqueurs. Ces derniers sont surtout des étudiants de première ou deuxième année. Et certains doivent trouver intéressant de rester chez eux le matin...

N'avez-vous pas l'impression de manquer d'autorité dans ce débat ?

C'est vrai, on manque un peu d'autorité. Mais la pression est forte. Lors des AG, lever la main contre le blocage sous le regard des étudiants bloqueurs n'est pas évident. A Lille-III, on s'est aussi fait chahuter lors de nos tractages.

Les étudiants qui sont contre la loi estiment souvent que le blocage est leur seul moyen d'expression. Qu'en pensez-vous ?

Ce n'est pas normal. Ils devraient être capables de manifester autrement. Je suis contre le fait de gêner les gens. Nous sommes usagers d'un service public. On doit pouvoir en bénéficier librement.

Mais alors comment peuvent-ils, selon vous, manifester leurs inquiétudes ?

Je ne sais pas... Ils peuvent manifester dans la rue tout en laissant les autres aller en cours.