Hénin-Beaumont: La municipalité FN ne peut pas installer sa crèche de Noël à la mairie

INFO «20 MINUTES» Le tribunal administratif de Lille a estimé que la municipalité FN de Hénin-Beaumont ne pouvait pas faire installer une crèche de Noël dans le hall de l'hôtel de ville...

Olivier Aballain, avec G.D.

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Crèche à l'église Saint-Germain de Rennes, en 2012
Crèche à l'église Saint-Germain de Rennes, en 2012 — COLLIOT BRUNO/SIPA

La laïcité fait loi à Hénin-Beaumont. Le tribunal administratif de Lille a annulé, ce jeudi 1er décembre, la décision d’installation d’une crèche de Noël dans le hall de l’hôtel de ville.

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La municipalité FN avait pris cette décision le 1er décembre 2015, une disposition attaquée deux jours plus tard par un opposant PCF, le bien nommé David Noël.

Pas de tradition locale, estiment les juges

Après pile un an de procédure, le jugement du tribunal rend une décision de principe, car cette année, la crèche est installée à l’écart de l’hôtel de ville, dans le marché de Noël lui-même.

Mais la ville a plaidé son bon droit, estimant que la décision prise en 2015 respectait la loi de 1905, car l’installation de la crèche s’était faite dans le cadre d’un « environnement festif », à savoir le marché de Noël déployé à l’extérieur de la mairie.

L’argument n’a pas trouvé grâce aux yeux des magistrats, qui réfutent toute « circonstance particulière » qui permettrait l’installation d’un symbole religieux « par une personne publique ». « Il n’est pas établi qu’elle s’enracine dans une tradition locale préexistante », résume le jugement. En outre, les juges estiment qu'«il ne ressort pas des pièces du dossier que ladite crèche, composée de sujets sans valeur historique ou artistique particulière, ait revêtu le caractère d'une exposition d'oeuvres d'art».

Jugement TA Lille sur crèche Hénin-Beaumont publié par oaballain

La municipalité FN avait lancé, mercredi, une pétition au soutien de la crèche de Noël, mettant en avant sur Facebook le « droit imprescriptible des habitants (…) à respecter la culture traditionnelle dans laquelle ils ont grandi ».

Comme réponse, le tribunal administratif indique ce jeudi que David Noël « est fondé à soutenir que la mise en place de la crèche de Noël litigieuse a méconnu le principe de neutralité des personnes publiques ». En revanche, l’opposant n’a pas obtenu les 500 euros de remboursement des frais de justice engagés, faute d’en avoir démontré l’existence.

Contacté par 20 Minutes, un porte-parole de la municipalité indique que la ville fera « bien évidemment » appel de la décision.