Pas-de-Calais: Un cas de grippe aviaire chez un canard de chasse

SANTÉ Un cas de virus H5N8 a été détecté dans le Pas-de-Calais le 26 novembre, parmi un groupe de 20 canards retrouvés morts...

Olivier Aballain

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Surveillance des canards au lac de Grand lieu (44)
Surveillance des canards au lac de Grand lieu (44) — MAISONNEUVE/SIPA

Grippe aviaire, le retour. Un cas de virus hautement pathogène H5N8 a été officiellement détecté, puis confirmé samedi dans le Pas-de-Calais, parmi 20 canards retrouvés morts, a annoncé lundi le ministère de l’Agriculture.

Les canards en question étaient « utilisés comme appelants pour la chasse au gibier d’eau », dans la commune de Marck, précise le ministère. Les canards appelants sont des animaux vivants, souvent capturés à l’état sauvage, maintenus sur une zone de chasse pour attirer des animaux de même espèce.

Pas d’influence sur les exportations avant Noël ?

Le ministère assure que ce cas ne modifiera pas le statut international de la France vis-à-vis de la grippe aviaire, qui ne concerne que les « volailles ». Or, précise le ministère, « ces appelants ne faisaient pas partie d’un élevage d’oiseaux domestiques à vocation commerciale ».

Pour la France, la précision est d’importance, car le pays espère retrouver, le 3 décembre, son statut « indemne » vis-à-vis de l’influenza aviaire, ce qui lui permettra de reprendre les exportations, notamment de foie gras, juste à temps pour Noël. Ce statut avait été perdu fin 2015, lors d’une autre épizootie qui s’était déclarée dans le Sud-Ouest.

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Le dernier cas ayant été déclaré le 2 décembre, il faut ensuite douze mois de surveillance sans aucun cas, pour recouvrer officiellement un statut « indemne » auprès de l’organisation mondiale de la santé animale (OIE)

Le virus n’est pas contagieux pour l’homme

« Aucun cas humain lié à ce virus n’a été signalé dans le monde à ce jour », rappelle, en outre, le ministère, dans son communiqué. Le virus H5N8, très infectieux pour les canards, n’a en effet jamais été transmis à l’homme. Les spécialistes restent vigilants sur une possible mutation, d’où les mesures de surveillance mises en place.

La Direction départementale de la protection des populations a procédé à l’abattage de l’ensemble des canards appelants du site concerné, et également des volatiles d’un autre site se trouvant à 4 km de Boulogne-sur-Mer, qui avaient été en contact.

Deux secteurs de surveillance renforcée ont été mis en place dans les communes aux alentours : dans ces zones, des visites systématiques de vétérinaires vérifient l’application stricte des mesures de confinement et de biosécurité des élevages.

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Le lieu de détention des 20 canards trouvés morts est situé dans une zone dont le niveau de risque avait été réévalué, considéré comme élevé par arrêté ministériel du 16 novembre, après la détection de nombreux cas en Europe, notamment au Royaume-Uni tout proche, tant au sein des populations d’oiseaux sauvages que d’élevages.

« La période de migration de certaines espèces joue certainement un rôle majeur dans la diffusion de ce virus », selon le ministère.