Lille: La métropole mise en examen pour favoritisme sur le Grand Stade

JUSTICE La métropole de Lille est mise en examen pour «favoritisme» dans l'enquête sur l'attribution du grand stade à Eiffage...

Olivier Aballain

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Le stade Pierre-Mauroy à Lille.
Le stade Pierre-Mauroy à Lille. — M.Libert/20 Minutes

Les ennuis volent en escadrille autour de tout ce qui touche au Losc, en ce moment. Le parquet de Lille a indiqué ce vendredi que la métropole européenne de Lille avait été mise en examen pour « favoritisme », dans l’enquête sur les conditions d’attribution de la construction du stade Pierre-Mauroy, en 2008, confirmant une information de la Voix du Nord.

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Le juge Jean-Michel Gentil, doyen des juges d’instruction de Lille, avait été saisi directement d’une plainte pour favoritisme en novembre 2014, par un contribuable de la métropole, Éric Darques. Ce dernier fait valoir que le projet d’Eiffage avait été retenu alors que son coût dépassait de 108 millions d’euros celui du favori, Bouygues.

Modification du rapport d’évaluation des candidats

A l’époque, une modification des grilles de notations des trois candidats (Bouygues, Eiffage, Vinci) avait permis d’orienter les élus de la métropole vers le projet d’Eiffage, présenté par la vice-présidente aux Sports, Michèle Demessine (PC), comme « le choix du beau plus que du raisonnable ».

L’aspect multifonctionnel du stade d’Eiffage, non prévu dans le cahier des charges, avait notamment séduit Martine Aubry — qui saluait « une décision de vision, et pas seulement de gestion » —, ainsi que les ténors de la droite et le président de la métropole, Pierre Mauroy. Le contrat avec Eiffage avait été approuvé par les élus métropolitains à plus de 82 %. Aucun des deux concurrents n’avait attaqué la décision.

Déjà la troisième procédure

Éric Darques avait d’abord attaqué la délibération au tribunal administratif, sans succès, avant de provoquer la mise en examen de deux fonctionnaires de la métropole pour « faux et usage de faux », dans l’écriture du rapport d’évaluation des candidats. La procédure avait été abandonnée à l’été 2014 car les faits étaient prescrits.

C’est donc la deuxième procédure pénale qui aboutit à une mise en examen, cette fois de la métropole en tant qu’institution (« personne morale »).