Vendée Globe: Thomas Ruyant raconte son «shoot d'adrénaline» et ses dix premiers jours de course

VOILE Tous les quinze jours, le skipper du «Souffle du Nord pour le Projet Imagine» nous raconte son Vendée Globe...

Francois Launay

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Thomas Ruyant se prend en photo au beau milieu de l'Attlantique
Thomas Ruyant se prend en photo au beau milieu de l'Attlantique — Thomas Ruyant

Au téléphone, la voix est assurée et la communication parfaite. Au beau milieu de l’Atlantique en plein passage du Pot-au-Noir, entre deux manœuvres Thomas Ruyant a pris le temps de s’attarder pour 20 Minutes sur son début de Vendée Globe.

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Après dix jours de course, le navigateur nordiste du « Souffle du Nord pour le Projet Imagine » pointait mardi matin à la dixième place du classement d’une course qu’il a accepté de nous raconter deux fois par mois.

Se remettre des émotions du départ. « Ce qui est très particulier avec le Vendée Globe, c’est le shoot d’adrénaline que tu prends au départ. Le passage du chenal, le départ des Sables d’Olonne, ça donne des frissons. Il y a tellement d’effervescence pendant les trois semaines de préparation aux Sables que quand tu bascules en mode marin, ce n’est pas simple. On y pense encore longtemps après le départ. Maintenant, je suis hyper concentré sur la course mais rien que d’en parler et de repenser à tout ça, ça me donne de l’émotion. »

Thomas Ruyant au départ du Vendée Globe le 6 novembre 2016/ AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
Thomas Ruyant au départ du Vendée Globe le 6 novembre 2016/ AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD - AFP

La vie à bord après dix jours. « Pour l’instant, je suis sur une portion que je connais bien pour l’avoir traversé plusieurs fois. Au début, il faut s’acclimater au bateau, prendre son rythme de marin, réussir à manger et prendre le rythme du sommeil. Je fais des siestes courtes et j’arrive à dormir quatre ou cinq heures par nuit entrecoupées de tranches de 30 minutes où je me réveille et vérifie si tout va bien. Parfois, c’est mon réveil qui me sort du lit, parfois ce sont les alarmes que j’ai paramétrées par exemple sur la force du vent ou sur la proximité d’un navire. En fait, à chaque fois que je pars dormir, je paramètre toutes mes alarmes. »

Arc-en-ciel sur Atlantique
Arc-en-ciel sur Atlantique - Thomas Ruyant

Des instants de décompression. « Ce sont des moments qu’il faut prendre. Par exemple, je prends du temps pour me préparer à manger. En ce moment, j’écoute aussi pas mal de podcasts comme ceux des émissions Affaires Sensibles et la Tête au carré diffusées sur France Inter. J’écoute aussi pas mal de musique. J’ai embarqué une play-list d’un technicien du bateau qui est un vrai fondu de musique. Ça me permet de découvrir d’autres univers musicaux. Niveau bouquin, je n’ai pas encore commencé à lire. Mais je vais sans doute bientôt entamer le livre Moi Surunen, libérateur des peuples opprimés écrit par le Finlandais Arto Paasilinna. »

Le (petit) coin cuisine du bateau
Le (petit) coin cuisine du bateau - F.Launay/20 Minutes

Le passage délicat du Pot-au-Noir. « C’est pas très violent en ce moment. Je suis dans la zone de convergence entre les deux hémisphères qu’on appelle le Pot-au-Noir. C’est une zone pas très active. Il n’y a pas de vent violent, pas de rafales. J’avance à une vitesse de 2,5 nœuds [5 km/h]. C’est lent. Il faut prendre son mal en patience. C’est une zone qui est un peu dure pour les nerfs car on n’avance pas. Et puis il fait très chaud. A la moindre manœuvre que je fais, je suis en nage. J’espère sortir du Pot-au-Noir au plus tard ce mercredi matin. »

Le passage délicat du Pot-au-Noir
Le passage délicat du Pot-au-Noir - Thomas Ruyant

La suite de l’aventure. « Il va falloir que je négocie bien la descente de l’Atlantique Sud que je n’ai jamais faite. C’est passionnant. Je regarde déjà ce qui se passe. Et puis après, il y aura le passage de l’Océan Indien et du Pacifique. Ce sont les deux gros morceaux du Vendée Globe sur lesquels je n’ai jamais navigué. Il y a à la fois de l’appréhension mais aussi l’envie de voir ce qui se passe là-bas. »