Calais: Cazeneuve promet le maintien d'une aide humanitaire

MIGRANTS Le ministre de l'Intérieur assure qu'une aide humanitaire sera de nouveau mise en œuvre à Calais, mais les associations s'inquiètent de la situation à court terme...

Olivier Aballain

— 

Calais, le 25 octobre 2016 - Evacuation de la jungle, camp de migrants
Calais, le 25 octobre 2016 - Evacuation de la jungle, camp de migrants — Olivier Aballain / 20 Minutes

Bernard Cazeneuve promet, mais les assos n’y croient pas. Le ministre de l’Intérieur, en déplacement à Calais lundi soir, a assuré qu’un dispositif humanitaire devrait bien être maintenu sur place malgré le démantèlement du camp de migrants.

Bernard Cazeneuve entendait ainsi répondre à l’une des principales préoccupations des associations qui ont accompagné les milliers de migrants évacués du Calaisis à partir du 24 octobre.

>> A lire aussi : Démantèlement de la «Jungle» de Calais: 7.000 migrants ont été pris en charge

Dans un communiqué commun envoyé avant le démantèlement, plusieurs acteurs opérant dans la « jungle » (Utopia56 et l’Auberge des Migrants) s’étaient inquiétés de la disparition totale de toutes les structures d’accueil du Calaisis, annoncée par François Hollande. « Cela ne nous paraît pas réaliste, résume une responsable associative, car le phénomène migratoire n’est pas prêt de disparaître. »

Recommandations attendues en fin de semaine

Le ministre de l’Intérieur a apporté quelques précisions, à l’occasion d’un discours aux forces de l’ordre et aux associations, remerciées pour le travail effectué à Calais. « J’ai pris des engagements vis-à-vis des associations. Des dispositifs de prise en charge des migrants qui reviendraient à Calais devront être activés par l’Etat ». L’annonce de ces mesures « humanitaires » devrait être faite en fin de semaine.

Mais il n’est pas certain que lesdites associations soient rassurées. Le dispositif sera inspiré des recommandations demandées à Jean Aribaud et Jérôme Vignon, déjà auteurs d’un rapport sur le sujet en 2015 (Le pas d’après).

Quand commencera leur mise en œuvre ? « Probablement pas avant l’élection présidentielle [de mai 2017] », se désole Christian Salomé, de l’Auberge des Migrants, qui assure qu’en attendant, toutes les structures existantes ont effectivement fermé leurs portes.

Conséquence : selon les responsables associatifs, il y aurait environ 150 migrants restés à Calais sans solution de mise à l’abri, auxquels s’ajoutent « quelques dizaines » de personnes revenues après l’évacuation. Les annonces de fin de semaine conditionneront la façon dont ils passeront l’hiver.