«Jungle» de Calais: Evacuer les mineurs, dernière étape avant le démantèlement complet

MIGRANTS Les premiers cars ont quitté le Centre d’accueil provisoire (CAP), où vivent quelque 1.500 mineurs isolés...

20 Minutes avec AFP

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L'ex «jungle» de Calais, le 1er novembre 2016.
L'ex «jungle» de Calais, le 1er novembre 2016. — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Les premiers cars sont partis. Deux jours après le démantèlement du vaste bidonville de Calais (Pas-de-Calais), les mineurs encore sur place vont être à leur tour conduits loin de la « jungle ».

L’évacuation totale des quelque 1 500 mineurs de l’ex-"Jungle" de Calais a débuté avec le départ d’un premier car pour Carcassonne et Bolquère (Pyrénées-Orientales) immédiatement suivi d’un deuxième pour les Saintes-Maries-de-la-Mer (Bouches-du-Rhône).

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Quelque 30 bus ont été réservés ce mercredi pour ces départs à destination de 60 centres d’accueil et d’orientation (CAO) dédiés aux mineurs en France, selon la préfecture du Pas-de-Calais.

De même source, les mineurs ne choisissent pas leur destination mais décident avec qui ils veulent voyager et s’installer.

La grande majorité de ces jeunes souhaitent rejoindre la Grande-Bretagne. Leurs demandes seront examinées au sein des CAO-mineurs, avec des responsables britanniques.

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Supprimant un lieu vu comme un point de fixation des migrants

Restera ensuite à faire partir les 360 à 400 femmes et enfants hébergés au centre d’accueil Jules-Ferry, un ancien centre aéré jouxtant l’ex- « jungle ». Le secteur sera alors totalement désert, alors que s’y entassaient encore mi-octobre 6 400 à 8 100 personnes selon les comptages. D’après les chiffres fournis par le gouvernement, 6 000 personnes ont été depuis « mises à l’abri », soit une majorité dans divers CAO répartis partout en France, et ces 1 500 mineurs du centre d’accueil provisoire (CAP).

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Pour les pouvoirs publics, vider rapidement le CAP relève d’un enjeu à la fois symbolique, en parachevant le démantèlement promis de ce vaste bidonville, et pratique, en supprimant un lieu vu comme un point de fixation des migrants, déjà attirés par la proximité de Calais avec les côtes britanniques.

« Il n’y aura pas de réinstallation sur la lande. Elle est évacuée. Elle sera sécurisée. Plus personne ne pourra la rejoindre », a ainsi martelé François Hollande dans La Voix du Nord mardi. « Plus aucune demande de transfert vers le Royaume-Uni [ne] sera traitée à Calais. Le suivi des dossiers et les départs vers le Royaume-Uni se feront à partir des centres pour mineurs. (…) Tout le monde aura une place réservée » dans un bus, affirme aussi de son côté la préfecture du Pas-de-Calais dans un document diffusé mardi auprès de ces mineurs.

Les jeunes « veulent retourner à Calais »

Mais ceux-ci rêvent quasi exclusivement de Grande-Bretagne. Il faut donc les convaincre que quitter les conteneurs et monter dans les cars ce mercredi ne signifie pas nécessairement renoncer au passage en Angleterre.

Les Britanniques qui les « accompagneront » durant leur trajet, comme l’indique la préfecture dans son texte, instruiront les dossiers dans des délais très courts, et transféreront les heureux élus dans la foulée, assure-t-on de sources proches de l’opération. L’objectif est aussi de pousser Londres à aller au-delà de ses engagements.

Mais que décideront les « recalés » pour l’Angleterre, promis théoriquement à passer dans le giron de l’aide sociale à l’enfance ? Les premiers CAO mineurs ont ouvert la semaine dernière, et en Meurthe-et-Moselle et Charente-Maritime « la moitié environ des jeunes se sont déjà évaporés », assure Pierre Henry, directeur général de France terre d'asile. « Ils veulent retourner à Calais », poursuit-il, en déplorant « une situation inextricable ».