Vendée Globe: Thomas Ruyant s'en va vers l'inconnu

VOILE Le Nordiste de 35 ans va prendre le départ de son premier Vendée Globe

Francois Launay

— 

Thomas Ruyant à bord de son bateau
Thomas Ruyant à bord de son bateau — Pierre Bourras

A l’horizon, l’inconnu. Pour la première fois de sa carrière, le Dunkerquois Thomas Ruyant va prendre dimanche le départ du huitième Vendée Globe, la plus grande course en solitaire et sans escale.

Un tour du monde dans lequel le marin de 35 ans sera le seul représentant nordiste. Avant de prendre le départ à bord de son bateau « Le Souffle du Nord pour le Projet Imagine » pour au moins trois mois, Thomas Ruyant s’est confié sur cette grande aventure.

Un rêve de gosse ?

« Non, ce n’était pas un rêve de gamin. Ça l’est aujourd’hui car j’ai envie de le faire. Mais avant de faire de la voile, j’ai fait dix ans de hockey-sur-glace. Ce n’est pas venu tout de suite. J’ai commencé à en faire vers 16-17 ans. Mon papa naviguait un peu mais ce n’était pas un loisir régulier »

Thomas Ruyant à bord de son bateau
Thomas Ruyant à bord de son bateau - Pierre Bouras

L’appréhension ?

« Il y en a un peu. C’est un gros défi qui m’attend. Un tour du monde, ce n’est pas rien Je vais aller dans des océans que je ne connais pas comme l’océan Indien ou l’océan Pacifique. Par contre, la solitude ne m’inquiète pas. Ce qui m’inquiète, c’est plus d’être dans des contrées que je ne connais pas. Mais je n’ai pas suivi de préparation mentale. Pour moi, le plus important c’est de savoir que mon bateau est prêt, me sentir bien dans mes bottes et être prêt à partir. »

Ruyant va défier des océans inconnus
Ruyant va défier des océans inconnus - Pierre Bourras

La peur de l’ennui ?

« C’est compliqué de s’ennuyer car il y a beaucoup de travail à bord en manœuvres, en réglages, en préparation météo, en préparation de la stratégie. Il y a aussi des demandes de l’organisation en son et en vidéo, on doit leur envoyer quelques minutes tous les deux-trois jours. A côté de ça, je vais prendre quelques bouquins, quelques films, des podcasts et de la musique à écouter. Ma compagne me prépare une petite bibliothèque. J’ai aussi des moments où je peux me décentrer du bateau »

La cabine depuis laquelle Ruyant va gérer sa course
La cabine depuis laquelle Ruyant va gérer sa course - F;Launay/20 Minutes

La gestion du sommeil ?

« C’est une connaissance de soi. Je vais embarquer un système pour mesurer la façon dont je dors. J’ai besoin d’avoir entre quatre et cinq heures de sommeil minimum sauf peut-être les premières nuits où on part en forme. On va peut-être se fatiguer dès le départ pour ensuite trouver un sommeil rapide »

Thomas Ruyant va devoir gérer son sommeil
Thomas Ruyant va devoir gérer son sommeil - Pierre Bouras

Le projet 100 % Nordiste

« C’est un vrai projet atypique, différent du sponsoring traditionnel. Il n’y a pas de marque publicitaire sur le bateau mais les couleurs d’une ONG avec le projet Imagine. On porte un beau message autour de la planète avec une vraie identité régionale, c’est un chouette projet. C’est aussi sympa d’être le seul ch’ti. C’est important pour moi de défendre ça. »

Le bateau
Le bateau - Pierre Bourras

L’alimentation ?

« Au niveau de l’alimentation, on ne mange pas forcément pareil sur les différents endroits de la planète. On n’a pas les mêmes besoins caloriques selon que l’on se trouve dans une zone tempérée, chaude ou froide. J’ai une diététicienne qui a regardé ça de près et qui m’a préparé des menus pour chaque endroit. J’ai fait moitié-moitié avec du lyophilisé, une nourriture très légère à emporter mais aussi de la nourriture sous vide un peu plus lourde préparée par des traiteurs. Il y a des bonnes choses à manger à bord donc je vais me faire plaisir. Avant le départ, on essaie d’anticiper et on prend un peu de gras. Au pire, s’il ne me reste plus rien à manger, je mangerai des algues et je pêcherai du poisson (rires) »

Le (petit) coin cuisine du bateau
Le (petit) coin cuisine du bateau - F.Launay/20 Minutes

L’objectif

« Déjà l’objectif d’être au départ est rempli et c’est déjà énorme. Après, je veux être à l’arrivée pour boucler la boucle. Ce serait génial. Il y a 50 % d’abandons sur un Vendée Globe. On est 30 au départ, si je finis je serai dans les 15 ce qui serait déjà pas mal. Après, je suis un compétiteur et je ne me laisserai pas faire pendant la course »