Démantèlement de la «Jungle» de Calais : Les avocats se plaignent d’être tenus à l’écart

SOCIÉTÉ Un référé liberté a été déposé, mercredi, devant le tribunal administratif de Lille…

Mikael Libert

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Des migrants de la «Jungle» derrière un cordon de policiers.
Des migrants de la «Jungle» derrière un cordon de policiers. — AFP

La « Jungle », une zone de non-droit ? Depuis le début du démantèlement du camp de migrants de Calais, lundi, les avocats qui avaient l’habitude d’y travailler sont tenus à l’écart.

Une procédure en référé liberté a été déposée devant le tribunal administratif (TA) de Lille, notamment par l’association Avocats pour la défense des droits des étrangers (ADDE), soutenue par le Conseil des barreaux et par la Conférence des bâtonniers.

« Zone de protection »

Vendredi, au TA, c’est l’avocat roubaisien Norbert Clément qui va plaider pour les associations. Lui-même s’est déjà rendu plusieurs fois dans la « Jungle » pour y conseiller des migrants. Sauf que, depuis lundi, il est impossible d’entrer dans le bidonville. « J’avais des rendez-vous mercredi sur le site et je n’ai pas pu passer », s’offusque Me Clément. Car, pour pénétrer dans la « zone de protection » mise en place par la préfecture, il fallait être accrédité.

« Les services de l’Etat ne nous ont pas facilité la tâche et, lorsque nous avons fait nos demandes d’accréditations, elles ont été refusées. C’est une zone de non-droit et ce n’est pas normal d’empêcher des avocats de rencontrer leurs clients », poursuit-il.

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Et si la préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio a affirmé, mercredi, qu’il n’y avait plus de migrants dans le camp, maître Clément rétorque que beaucoup de travail reste à faire : « Il reste entre 1.500 à 2.000 personnes là-bas, dont beaucoup de mineurs qui ont besoin d’être conseillés sur leurs droits ».

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C’est l’ensemble de la profession d’avocat qui soutient la requête défendue par Me Clément. Le Conseil national des barreaux a ainsi introduit un recours auprès du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, et la Conférence des bâtonniers évoque une entrave à l’exercice du droit. Contactée par 20 Minutes à ce sujet, la préfecture n’a pas donné suite.