Nord: Les violences contemporaines interrogées par la philosophie

CULTURE La philosophie va encore aborder des questions politiques, sociales et scientifiques lors de la 20e édition de Citéphilo…

Gilles Durand
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Images de l'attentat du World Trade Center de New-York en 2001.
Images de l'attentat du World Trade Center de New-York en 2001. — Capture d'écran

Quand les philosophes se penchent sur un sujet d’actualité brûlant. Ou presque. Comme chaque année depuis 20 ans,  va s’adresser aux curieux, du 4 au 26 novembre en proposant environ 80 rendez-vous gratuits où l’on va débattre de l’état du monde. La politique, la société, la culture ou encore les sciences vont passer à la moulinette de la philosophie pour tenter d’y voir un peu plus clair.

Prendre du recul

Cette année, le thème phare sera une interrogation : pourquoi les régimes républicains ont-ils autant de mal à promouvoir les principes universels ? En parallèle, un focus particulier sera pointé sur les violences contemporaines. Mais attention, pas question de subir l’actualité !

« L’idée est de prendre du recul par rapport à la violence qui fait écho comme les attentats du 11 septembre 2001 ou plus récemment le Bataclan », souligne Stanislas D’Ornano, programmateur des sept rencontres de ce focus et docteur en sciences politiques.

Une violence qui remonte aux années 1980

Un des modes d’emploi pour comprendre sera de revenir à l’origine de cette violence. « Elle remonte aux années 1980 avec la mutation du capitalisme globalisé, la montée du néolibéralisme et l’explosion des inégalités et des frustrations », note Stanislas D’Ornano.

Une autre dimension traversera les débats. « Deux types de violences coexistent : la violence interne à nos sociétés à laquelle nous sommes préparés et le surgissement externe d’une violence radicale hors des schémas traditionnels », explique-t-il.

« Les images se battent entre elles »

Un des rendez-vous baptisé « Théorie du kamikaze ou théorie du partisan »* abordera, par exemple, le sujet sous un angle original. « Ce n’est pas ce qui se passe dans la tête des kamikazes qui m’intéresse, s’interroge Laurent De Sutter, auteur de Théorie du kamikaze. J’essaie de comprendre ce qu’ils font. On vit dans un monde où les images se battent entre elles et ont pénétré notre être. Ils parviennent à arrêter le flux en imposant une image, comme celle de cet avion qui percute une tour. Comment ? »

Et si les attentats suicides n’avaient donc rien à voir avec la guerre, ni avec la religion, mais avec la société du spectacle ? Ailleurs, il sera question, au contraire, de « surmusulman », porteur d’une utopie absorbée par la religion et dirigée contre l’Occident, mais aussi de savoir s’il faut en finir avec le principe de bienveillance ou craindre que l’altruisme des pompiers soit mis à mal par la fin de l’Etat providence. On n’a pas fini de débattre dans une vingtaine de lieux d’accueil, principalement en métropole lilloise. Ça fait parfois du bien de tenter de refaire le monde.

* Dimanche 13 novembre, de 20h à 22h, au palais des Beaux-Arts de Lille.