Agression à l’hôpital de Tourcoing: L’opération «urgences mortes» cache aussi le manque d’effectif

SANTE L’hôpital Dron de Tourcoing organise une journée «urgences mortes» ce mercredi pour protester contre la violence qui affecte le recrutement de soignants…

Gilles Durand

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Le service des urgences du CH Dron de Tourcoing
Le service des urgences du CH Dron de Tourcoing — Gilles Durand / 20 Minutes

En réaction à l’agression du personnel, il y a dix jours, une journée « urgences mortes » sera organisée, mercredi 26 octobre, à l’hôpital Dron de Tourcoing. Pendant plus de 24 heures, à partir de 8h30 jusqu’au jeudi 9h, le service de soins sera restreint.

Deux médecins molestés

« Seules les personnes relevant d’une pathologie urgente qui justifie une prise en charge immédiate seront admises dans le service, souligne un communiqué de l’hôpital. Pour les autres, un recours au médecin traitant ou une autre solution sera proposée. »

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Le personnel entend ainsi protester contre les violences qui ont émaillé la nuit du 15 au 16 octobre au sein des urgences tourquennoises. Une dizaine d’individus s’en sont pris à deux médecins qui ont été molestés. Or, cet épisode met aussi en lumière une autre problématique : celle du recrutement.

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Il manque une centaine d’urgentistes

Selon le docteur Hacène Moussouni, chef du service des urgences de l’hôpital Dron, « il manque une centaine d’urgentistes dans le Nord-Pas-de-Calais ». A Tourcoing, seulement 15 sur 22 sont pourvus. « C’est un problème de recrutement. Il est difficile de trouver des candidats volontaires et le comportement de certains patients et de leurs proches ne facilite évidemment pas la tâche », souligne Hacène Moussouni.

Depuis le début d’année, l’hôpital Dron a comptabilisé 52.000 passages aux urgences. « Le volume d’activité ne cesse d’augmenter, témoigne une soignante. La situation devient critique, d’autant que la plupart du temps, les gens viennent pour des pathologies qui relèvent du médecin traitant. Il faudrait que ça change. »