Nord: La CGT craint une marche arrière sur les TER à l'horizon 2019

TRANSPORTS La prochaine convention qui doit être signée entre la SNCF et la Région fait craindre le pire au syndicat des cheminots…

Gilles Durand

— 

Illustration train gare Lille Flandres ter, voies, ferrées, rff, euralille
Illustration train gare Lille Flandres ter, voies, ferrées, rff, euralille — M.LIBERT / 20 MINUTES

Mise à jour le mardi 25 octobre, à 16h30 : La SNCF annonce la circulation de deux TER sur trois, mercredi, sur les lignes du Nord-Pas-de-Calais. Les voyageurs sont autorisés à emprunter les TGV s’il en existe sur leur parcours.

Ça grince toujours quelque part au niveau de la SNCF. Malgré une fréquentation des TER en hausse depuis plusieurs années, la CGT craint une réduction de cette offre de trains dans les années à venir. D’autant qu’une nouvelle convention entre la SNCF et la Région doit entrer en vigueur début 2019. Et les signes avant-coureurs ne plaisent guère au syndicat majoritaire des cheminots.

L’ouverture à la concurrence. C’est écrit noir sur blanc dans le rapport prospectif sur les transports, signé par la Région et dévoilé en juillet : il faut « préparer le plus rapidement possible des expérimentations de mise en concurrence, dès que la loi le permettra ». En juin, les Régions ont obtenu du gouvernement que ces expérimentations puissent  commencer en 2019. Pour la CGT, c’est le risque de voir l’offre TER se réduire. « Les concurrents ne vont se positionner que sur les lignes rentables. A terme, il ne restera plus que des lignes rentables. Certains pourraient fermer. Or le service public doit-il être rentable ? ». Un vrai débat de société. Contactée sur le sujet, la Région n’a pas donné suite.

L’essor des lignes d’autocars. Des lignes de bus doivent voir le jour sur la côte nordiste sans que la Région, ni la SNCF ne s’y soient opposées, alors que plus de 100 millions d’euros ont été dépensés pour électrifier la ligne ferroviaire Calais-Dunkerque en 2014. « Les bus devraient être complémentaires et non venir en concurrence déloyale », estime la CGT. Déloyale ? « On ne fait pas payer aux sociétés d’autocars l’entretien des routes, alors que la SNCF doit dépenser des millions pour entretenir son réseau. » D’autant que, selon une instruction ministérielle de 2014 concernant les coûts externes des transports, le bus coûte effectivement deux fois plus que le train au kilomètre parcouru. Question de la CGT : « Pourquoi l’Etat ne reprend-il pas l’investissement de l’infrastructure ferroviaire à sa charge ? »

>> A lire aussi : La grève inexpliquée qui agace les usagers du TER

La colère des contrôleurs ?

Autre menace que le syndicat voit poindre dans la future convention : l’autorisation de faire circuler des trains sans contrôleur ? Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui dans le Nord-Pas-de-Calais, contrairement à la Picardie. « La direction anticipe cette éventuelle suppression des contrôleurs dans les TER et tente de transférer les missions de sécurité de ces contrôleurs vers les conducteurs. Ça lui permettrait aussi de réduire les effectifs », assure la CGT. Un nouveau mode de production est en cours de négociation », confirme simplement la direction de la SNCF. Pour montrer leur désaccord, deux syndicats, la CGT et Sud, ont déposé un préavis de grève reconductible pour les contrôleurs, chaque mercredi (du mardi midi au jeudi à 8h), à partir du 26 octobre.