Les huit ex-salariés de Goodyear au tribunal d'Amiens, le 19 octobre 2016.
Les huit ex-salariés de Goodyear au tribunal d'Amiens, le 19 octobre 2016. — G. Durand / 20 Minutes

JUSTICE

Procès Goodyear : L’accusation se dégonfle et ne réclame plus de prison ferme

Les anciens salariés de Goodyear, accusés de séquestration, vont peut-être éviter la prison ferme…

Quels rôles ont-ils réellement joué dans la séquestration de leurs dirigeants ? Les huit ex-salariés de Goodyear d’Amiens-Nord se retrouvaient à nouveau devant la justice, ce mercredi, pour contester leur condamnation. En première instance, ils avaient écopé de neuf mois de prison ferme.

Deux ans de prison avec sursis

Cette fois, l’avocat général n’a requis que du sursis : 2 ans. Une annonce accueillie sur le banc des accusés par un immense soupir de soulagement. Durant l’audience, chacun n’a eu de cesse, avec l’aide de l’avocat Fiodor Rilov, de minimiser sa participation à la rétention de deux dirigeants, au sein de l’usine de pneus, les 6 et 7 janvier 2014.

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« Dans son rapport, jamais l’huissier présent lors de cette séquestration, ne désigne, en le nommant, un des prévenus dans les faits incriminés. Or, il est impossible qu’il ne les ait pas reconnus », affirme Me Fiodor Rilov. La précédente condamnation serait donc une sanction collective pour servir d’exemple. C’est l’hypothèse que développe l’avocat.

« C’est la dignité humaine qui est touchée »

« Nous ne pouvions pas poursuivre la centaine de personnes présentes ce jour-là, avoue l’avocat général. Il fallait trouver celles qui se sont associées et ont adhéré ». Et selon lui, la responsabilité de chacun ne fait aucun doute. « Ils sont poursuivis pour leurs déclarations devant la télévision ou les policiers : "c’est nous qui avons décidé de les libérer" ou encore "on les retenait" », ajoute-t-il.

Pour l’accusation, « un conflit social ne peut justifier un tel comportement ». Et de rappeler qu'« au nom de l’apaisement, on a longtemps classé ce genre de dossier ». « Mais dans ce cas, c’est la dignité humaine qui est touchée. Ces deux dirigeants ne faisaient qu’exécuter des ordres, eux aussi sont des salariés victimes. Or, on a tenté de les détruire psychologiquement. »

Une plainte retirée

Reste les conditions dans lesquelles cette séquestration a commencé. Dans une déposition, un des dirigeants explique qu’il envisageait d’être séquestré. « A-t-il averti la police ? », demande Fioder Rilov. Les deux victimes sont absentes de l’audience. Elles avaient d’ailleurs retiré leur plainte avant même la tenue du premier procès. C’est le ministère public qui a décidé d’aller au bout, faisant dire à Me Rilov qu’il s’agit d'« une décision politique ». Celle du juge de la cour d'appel sera rendue le 11 janvier.