Procès Goodyear: Les huit prévenus nient toute participation active à une séquestration

JUSTICE L’avocat des anciens salariés Goodyear tente de démontrer leur absence de participation à la séquestration de deux dirigeants…

Gilles Durand
L'arrivée des huit prévenus, anciens salariés de Goodyear, au tribunal d'Amiens, le 19 octobre 2016.
L'arrivée des huit prévenus, anciens salariés de Goodyear, au tribunal d'Amiens, le 19 octobre 2016. — G. Durand / 20 Minutes

« Libérez nos camarades ! ». Les clameurs des milliers de manifestants parviennent à peine jusqu’à la salle du tribunal où sont à nouveau jugés en appel huit anciens salariés de Goodyear.  se sont donné rendez-vous, ce mercredi, devant la cour d’appel d’Amiens pour manifester leur soutien aux « Goodyear ».

Audience hors norme

En première instance, les huit prévenus ont été condamnés à deux ans de prison dont quinze mois avec sursis,  pour avoir séquestré pendant 36 heures le directeur de production et celui des RH, en janvier 2014.

C’est donc une foule importante qui a accompagné cette audience hors norme. D’un côté, les slogans et les discours qui se succèdent sur la place Saint-Pierre, où un podium était installé. De l’autre, l’ambiance feutrée de la salle d’audience où l’avocat des « Goodyear », Fiodor Rilov, avait décidé de prouver l’absence de responsabilité individuelle de ses clients.

Les accusés nient leur participation

Tandis que Xavier Mathieu, , ou encore les syndiqués d’Air France, condamnés dans  , appelaient à la lutte sociale devant leurs sympathisants, les huit accusés de Goodyear niaient de façon moins véhémente leur participation à la séquestration de leurs dirigeants.

« Quel acte avez-vous fait pour les empêcher de bouger et de sortir ? », demande Me Rilov à chacun de ses clients. « Aucun ». Traduction : pourquoi donc ces huit-là se retrouvent dans le box des accusés et pas d’autres?

Un rendez-vous surprenant

Les débats portent sur un point précis. Le lundi matin, date du début de la séquestration, une réunion s’est tenue entre les deux dirigeants et certains salariés dans une salle habituellement fermée. Pourquoi ces dirigeants l’ont-ils organisé alors qu’ils avaient logiquement rendez-vous avec les délégués du personnel dans un autre bureau, à la même heure ? Aucun des deux dirigeants n’est présent pour répondre à cette question.

« Il y avait 70 à 80 personnes dans la salle quand je suis arrivé dans l’après-midi, mais je n’ai rien vu de particulier », raconte un témoin. « Ça ne vous a pas surpris de voir vos dirigeants encore en réunion à 21h ? », interroge le président. « Bah, non ! », répond un autre témoin.

Dans les rues d’Amiens, le calme revient peu à peu. Dans la salle de tribunal, les débats s’épuisent, faute de contradicteurs. L’audience doit se poursuivre jusqu’à tard dans la soirée.