Calais: Le démantèlement de la «Jungle»? «Une question de jours», selon Cazeneuve

MIGRANTS Le ministre de l'Intérieur confirme que l'Etat prépare un démantèlement du camp de migrants de Calais, surnommé la «Jungle», d'ici à quelques jours...

O.A. avec AFP

— 

Un policier devant un restaurant kurde dans la «Jungle» de Calais (archives).
Un policier devant un restaurant kurde dans la «Jungle» de Calais (archives). — M.Libert/20 Minutes

Le temps s’accélère à Calais. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a indiqué que le délai avant un démantèlement du camp de migrants (la « Jungle ») était « maintenant une question de jours », après que le tribunal administratif de Lille en a confirmé le principe, ce mardi 18 octobre.

>> A lire aussi : Feu vert de la justice au démantèlement de la «Jungle» de Calais

« Nous arrivons au moment où nous allons engager cette opération », a expliqué le ministre devant l’Assemblée nationale. Bernard Cazeneuve promet que l’évacuation se fera « d’abord en mettant à l’abri dans des conditions dignes, qui relèvent de la tradition de notre pays au regard du droit d’asile », les migrants qui sont « depuis des mois dans la boue ».

« Volonté humanitaire de mise en protection »

Le ministre de l’Intérieur évoque une « volonté humanitaire de mise en protection ». De sources proches du dossier, on précise préparer cette gigantesque opération, avec pour objectif un démarrage le 24 octobre.

>> A lire aussi : Nord: Un centre d’accueil où les migrants aimeraient apprendre le français

Les migrants seront dirigés vers des Centres d’accueil et d’orientation (CAO) qui ont permis d’accueillir « près de 6 000 personnes qui, pour 80 % d’entre elles, ont accédé à l’asile », a assuré Bernard Cazeneuve.

Quelle solution pour les mineurs ?

Au soutien du recours rejeté par le tribunal administratif de Lille, de nombreuses associations qui aident les migrants sur place dénoncent la « précipitation » avec laquelle l’Etat compte mener le démantèlement, pointant notamment l’absence de « solution viable, digne et conforme au droit pour les mineurs »

Au sujet des enfants et adolescents, mineurs isolés, Bernard Cazeneuve a parlé d’une « discussion extrêmement dure » engagée avec le gouvernement britannique, car « nous ne pouvons pas, nous les Français, mettre à l’abri 13 000 personnes qui relèvent du droit d’asile et le gouvernement britannique ne pas prendre ses responsabilités pour les mineurs isolés qui ont des liens avec la Grande-Bretagne ».

>> A lire aussi : Calais: Pourquoi Cazeneuve en appelle aux Anglais sur les mineurs

Début octobre, l’Unicef (agence des Nations unies en charge de l’enfance) avait évoqué le chiffre de 400 mineurs isolés potentiellement éligibles à l’asile au Royaume-Uni. Les discussions avec le gouvernement britannique « avancent de façon très positive », certifie d’ailleurs Bernard Cazeneuve. Lundi, 14 adolescents ont pu rejoindre leur famille et douze ont fait de même mardi, selon les pouvoirs publics.

Bernard Cazeneuve prévient par ailleurs que les autorités françaises comptent, « dans les prochaines semaines (…) poursuivre la reconduite de ceux qui ne relèvent pas de l’asile en France, vers leur pays d’origine ».