Le patronat rafle la mise au CESR

Vincent Vantighem - ©2007 20 minutes

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Ce n'est la faute de personne. Avec 54 % des voix, Frédéric Motte, candidat du Medef, a été élu, hier, président du conseil économique et social régional (CESR), structure chargée de rendre des avis consultatifs sur la mise en oeuvre des politiques régionales.

Si les syndicats auraient bien fait main basse sur ce conseil trusté par le patronat depuis trente ans, ils voulaient tous être calife à la place du calife. « C'est à cause de la candidature de la CGT-Unsa », accuse ainsi Jean-Marie Toulisse, concurrent malheureux de la CFDT qui a recueilli 27 % des voix. « Pas du tout, rétorque Pierre Grevet, de l'Unsa (19 % des voix). Si FO n'avait pas soutenu la candidature du Medef, ça ne serait pas arrivé. » Grand seigneur, Frédéric Motte ose rejeter, de son côté, l'idée d'avoir bénéficié des dissensions syndicales pour être élu. « Ce vote est sympathique. Je pense qu'un consensus est en train de se dégager. C'est prometteur pour l'avenir. » « C'est surtout inquiétant pour nous, répond Jean-Marie Toulisse de la CFDT. Dès qu'il s'agit de contester quelque chose, les syndicats sont d'accords. Mais quand il faut proposer, c'est fini... »

Président (PS) du conseil régional et destinataire des avis du CESR, Daniel Percheron n'a, lui, sans doute pas été surpris par l'issue du scrutin. Hier matin, il prophétisait déjà : « Le vote au CESR est un jeu qui se joue à deux ou trois. Et à la fin, c'est toujours le patronat qui gagne. »