Une quinzaine de migrants afghans sont hébergés au centre d'accueil et d'orientation de Louvroil.
Une quinzaine de migrants afghans sont hébergés au centre d'accueil et d'orientation de Louvroil. — G. Durand / 20 Minutes

SOCIETE

Nord: Un centre d’accueil où les migrants aimeraient apprendre le français

Le préfet du Nord a visité le premier centre d’accueil et d’orientation pour migrants dans le Nord, lequel a ouvert en août, à Louvroil…

« Nous sommes très heureux d’être là, mais je suis triste d’être obligé de vous parler en anglais. J’aimerai apprendre le français. » Arman Khan a le sourire quand il interpelle le préfet du Nord, Michel Lalande, venu visiter, ce mercredi, le premier centre d’accueil et d’orientation (CAO) du Nord, ces structures d’accueil provisoire que l’Etat a créé, l’an dernier, pour faire face à l’afflux migratoire.

« Vous êtes là pour vous reposer ! »

Dans ce foyer Adoma (ex-Sonacotra) de Louvroil, près de Maubeuge, une quarantaine de migrants sont hébergés par le biais de ce CAO qui a ouvert ses portes en août. « C’est un centre de répit, un lieu intermédiaire en attendant le résultat de vos demandes d’asile. Vous êtes là pour vous reposer ! », explique le préfet à huit jeunes hommes afghans, soudanais et tchadiens.

Un groupe de Soudanais et de tchadiens discutent avec l'intervenante sociale, au CAO de Louvroil.
Un groupe de Soudanais et de tchadiens discutent avec l'intervenante sociale, au CAO de Louvroil. - G. Durand / 20 Minutes

Du repos, effectivement, ils en bénéficient après des mois d’errance à fuir les conflits de leur pays. Un peu trop même, à leur goût. « On dort tout le temps, on n’a que ça à faire », plaisante Shakib, porte-parole d’un petit groupe d’Afghans. Comme beaucoup d’autres, il aimerait aller à l’école pour apprendre le français.

Des cours prévus en novembre

« Les cours vont se mettre en place, début novembre. Nous allons embaucher un service civique, promet le préfet. Ce CAO sert aussi de test et de rodage. » Cela fait pourtant onze ans que des demandeurs d’asile séjournent dans cet immeuble de Louvroil. En attendant, Shakib et ses compatriotes font de la musculation. D’autres ont préféré s’inscrire au club de foot local. Pour la plus grande joie de l’entraîneur : « Dimanche, l’un d’eux a joué son premier match officiel et on a battu Wasquehal en coupe du Nord ».

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Mais le temps est parfois long pour ces jeunes gens, installés dans ces appartements depuis trois mois. Pas de télévision, ni Internet. Lors de son passage, le préfet a également promis d’octroyer des moyens supplémentaires au centre social du quartier pour améliorer, si besoin, le quotidien. L’Etat verse déjà 25 euros par jour et par personne pour l’hébergement. Deux intervenantes sociales ont été embauchées pour accompagner les migrants.

Trois places disponibles

Certains viennent de Paris, d’autres de Calais. Le nombre de places disponibles est fixé entre 40 et 42. Elles font partie des 845 que le préfet assure avoir trouvées dans toute la région dans l’optique d’accueillir les migrants après le démantèlement du camp de Calais, peut-être programmé la semaine prochaine. Un nombre suffisant ?

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« Pour l’instant, nous n’avons que 3 places disponibles, glisse Gilles De Warren, directeur de clientèle chez Adoma. mais certaines vont se libérer au fur et à mesure du traitement des demandes d’asile. »