Nord: Dix ans de prison pour les parents tortionnaires d'une fillette

JUSTICE Le père et la belle-mère d'une fillette devenue souffre-douleur ont été condamnés à dix ans de prison ferme...

G.D.

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Illustration d'un procès
Illustration d'un procès — M.LIBERT/20 MINUTES

La fillette de 6 ans a eu la vie sauve par miracle. Le tribunal correctionnel de Douai a condamné, mardi, ses bourreaux à des peines de prison allant jusqu’à dix ans, rapporte La Voix du Nord. En 2014, ils avaient fait vivre un véritable calvaire à cette enfant pendant au moins cinq mois, à Aniche, dans le Nord.

Une prétendue chute de vélo

Le 25 juillet 2014, une petite fille de 6 ans est emmenée à l’hôpital après une prétendue chute de vélo. Le père de la gamine, David D. (35 ans), sa compagne, Aurélie P. (23 ans), les parents du père et une voisine se sont concertés pour offrir cette version aux secours. En réalité, la fillette a été victime d’un nouveau coup de sang de sa belle-mère.

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Le personnel du centre hospitalier se rend vite compte du mensonge en découvrant les nombreuses blessures sur le corps de l’enfant. Cette dernière reste, de surcroît, paralysée des quatre membres à cause d’un hématome qui avait atteint ses fonctions cérébrales. Elle devra faire de la rééducation pendant six mois pour retrouver l’usage de ses bras et de ses jambes.

Tentatives de noyade ou d’étranglement

Sévices, brimades, punitions, et parfois même tentatives de noyade ou d’étranglement ont été son lot quotidien depuis la mort de sa mère. Ses grands-parents maternels, qui sont devenus ses tuteurs depuis l’affaire, avaient dû la convaincre de retourner vivre chez son père qui avait l’autorité parentale.

Ce dernier et sa compagne prétextaient la folie de la fillette qui, selon eux, s’automutilait. Ils ont même convaincu un médecin qui a vu Céline, deux mois plus tôt, en mai, de rédiger un certificat médical pour justifier de la déscolarisation de la fillette.

« Un jeu de guerre »

Dans ce procès de la maltraitance et du sadisme, les grands-parents paternels ont été convaincus de complicité de cette machination infernale. La voisine s’en est sortie avec deux ans de prison avec sursis, en assumant sa responsabilité.

La petite fille, âgée aujourd’hui de 8 ans, n’a pas assisté à l’audience. C’est son avocat qui a relayé ses mots : « Pour eux, c’était comme un jeu de me blesser, un jeu de guerre. Ça leur faisait plaisir. »

Le père, David D., et sa compagne, Aurélie P., ont été condamnés à 10 ans de prison ferme, le maximum dans un tribunal correctionnel. La grand-mère paternelle, 67 ans, a écopé de 2 ans de prison ferme et son mari, 71 ans, de 18 mois. Tous deux avec mandat de dépôt.