Fête de la Science: Une chercheuse de Lille sur la piste d'un remède contre l'infertilité féminine

SANTE Brooke Tata, jeune scientifique d'un laboratoire universitaire lillois, est lauréate de la bourse L'Oréal-Unesco pour ses travaux sur l’infertilité féminine…

Gilles Durand

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A Lille, le 11 octobre 2016 - La chercheuse américaine Brooke Tata,est post-doctorante au laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine de l'université de Lille. Elle travaille sur l'infertilité.
A Lille, le 11 octobre 2016 - La chercheuse américaine Brooke Tata,est post-doctorante au laboratoire du développement et plasticité du cerveau neuroendocrine de l'université de Lille. Elle travaille sur l'infertilité. — G. Durand / 20 Minutes

« J’ai grandi dans le sud des Etats-Unis et jusqu’à l’adolescence, je ne savais pas ce que je voulais faire dans la vie. » Aujourd’hui, Brooke Tata a 29 ans et elle est l’une des trente lauréates de la bourse L’Oréal-UNESCO qui récompense le travail scientifique d’une femme. Elle doit recevoir sa récompense, mercredi, à Paris, à l’occasion de la fête de la Science.

Une molécule miracle

Voilà un an et demi que la jeune femme travaille au sein du laboratoire du développement du cerveau du centre de recherche de l’université de Lille, près du CHR. « Un laboratoire réputé internationalement », assure-t-elle. Où elle étudie le syndrome des ovaires polykistiques (SOPK), une pathologie qui peut entraîner l’infertilité féminine et accentuer l’acné.

« Près d’une femme sur dix en âge de procréer est atteinte par ce syndrome », explique Brooke Tata. L’hypothèse de son groupe de travail : « Les problèmes de fertilité viennent du cerveau et non de l’appareil sexuel. Nous voulons démontrer que cette pathologie pourrait être liée au dysfonctionnement d’un neurone du cerveau »

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Une prochaine publication ?

Les premières expériences sur des souris semblent valider cette hypothèse. La chercheuse américaine a trouvé une molécule qui agit sur ce neurone pour réguler son activité. Résultat, ça fonctionne mieux en bas. Prochaine étape, les tests sur des moutons, puis sur des êtres humains, avec l’espoir de trouver une nouvelle thérapie.

« On espère pouvoir publier prochainement les résultats de nos recherches », s’enthousiasme Brooke Tata, intarissable sur le sujet. Il y a dix ans qu’elle étudie le cerveau. « J’ai commencé à l’université du Colorado, raconte-t-elle. Je voulais absolument quitter mon environnement en Géorgie, un état américain où la femme a pour unique ambition de se marier et de s’occuper de son foyer. »

Ancienne championne de tennis

La passion pour les sciences est née un peu par hasard. « Jusqu’à la fin du lycée, j’ai joué à un très haut niveau au tennis, mais j’ai été gravement blessée au dos par un chauffard et j’ai dû repenser à ce que je voulais faire de ma vie. J’étais curieuse. J’ai découvert le domaine de la recherche. »

Après avoir obtenu un diplôme, elle se rend en Australie, en Nouvelle-Zélande, puis en France pour poursuivre ses recherches. « Je suis encore à Lille pour deux ans. Ensuite, j’espère que mon poste sera reconduit », avoue-t-elle, même si elle habite à Marne-la-Vallée, en banlieue parisienne.

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Chaque matin, debout à 5 h pour aller promener le chien avant de prendre le TGV. Mais qu’importe, la scientifique a de l’énergie à revendre. « Deux fois l’an, je prends des vacances avec mon père pour aller faire du surf quelque part dans le monde. J’ai besoin de me vider la tête et le surf c’est comme la vie : soit la vague t’accompagne, soit elle t’écrase. Dans la vie, comme sur une vague, tu ne peux jamais tout maîtriser, mais tu dois toujours essayer de le faire. »