Calais: Pourquoi Cazeneuve en appelle aux Anglais sur les mineurs

MIGRANTS Bernard Cazeneuve appelle le Royaume-Uni à prendre en charge des centaines de migrants mineurs présents à Calais et éligibles à un séjour outre-Manche…

Olivier Aballain

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Des migrants avec un enseignant bénévole à Grande Synthe
Des migrants avec un enseignant bénévole à Grande Synthe — O. Aballain / 20 Minutes

De l’interpellation à la menace, il n’y a qu’un pas que Bernard Cazeneuve est tout près de franchir.

Une semaine avant la date pressentie pour le démantèlement du camp de migrants de Calais (la « jungle »), le ministre de l’Intérieur a promis, le 10 octobre, de mettre à contribution le Royaume-Uni sur le cas des migrants mineurs.

Des centaines de mineurs ont de la famille en Grande-Bretagne

Bernard Cazeneuve, qui se rend à Londres lundi, demande « solennellement » à la Grande-Bretagne d’assumer son « devoir moral », en accueillant plusieurs centaines de migrants mineurs isolés qui se trouvent actuellement à Calais.

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Sur RTL, le ministre de l’Intérieur français indique que ses services sont « en train d’établir la liste précise » de « ceux qui ont de la famille en Grande-Bretagne », et que « les Britanniques doivent prendre leurs responsabilités ».

L’Unicef lui-même avait adressé la même demande au gouvernement britannique le 1er octobre, estimant à environ 400 le nombre de mineurs présents à Calais qui seraient « éligibles » à un accueil sur le sol britannique

Bernard Cazeneuve, qui doit s’entretenir à 13 h 00 avec son homologue britannique Amber Rudd, a promis de transmettre ce message à Londres avec « la plus grande netteté ».

Les médias, un poids lourd dans l’opinion britannique

Pour bien se faire comprendre, le ministre français brandit la menace médiatique : « Lorsque toutes les caméras seront tournées vers ces mineurs isolés que les Britanniques ne prendront pas, ça se verra, donc ils ont intérêt à les prendre ».

Depuis le début de la crise de Calais, l’attention portée par les médias britanniques sur la situation des enfants, en particulier, a conduit de nombreux bénévoles anglais à s’engager bénévolement dans les différents camps nordistes de réfugiés, au point de représenter parfois la majorité des bénévoles présents sur place.

Des situations très diverses

Selon les associations, environ un millier de mineurs isolés sont actuellement présents dans le campement de Calais, sur les 7.000 à 10.000 migrants qui y sont massés.

Certains tentent effectivement de rallier des proches ou parents, venus s’installer en Angleterre avant eux, ou passés à travers les contrôles alors que leurs enfants se faisaient repérer. « Il arrive que les passeurs placent les enfants dans un camion séparé, qui se fait arrêter alors que les parents, eux, sont passés », expliquait un bénévole à 20 Minutes, au printemps dernier.

Néanmoins, certains mineurs adolescents, originaires d’Asie centrale notamment, peuvent être envoyés « en éclaireurs » afin, une fois arrivés au Royaume-Uni, de faciliter la migration de leurs proches.

Bernard Cazeneuve cherche des solutions pour le démantèlement

Le ministre de l’Intérieur annonce avoir déjà trouvé 7.000 places pour accueillir les migrants évacués de Calais. Mais « il reste à en trouver encore pour pouvoir procéder à ce démantèlement », a indiqué Bernard Cazeneuve.

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En appeler à la solidarité du gouvernement britannique permettrait de soulager le dispositif français et aiderait le ministre à tenir le calendrier de l’évacuation de la « jungle », une opération lourde tant en termes de logistique que de sécurité.

Ce calendrier est officiellement confidentiel, mais le Premier ministre Manuel Valls a assuré début octobre que le démantèlement se ferait « dans les prochaines semaines », tandis que la date du 17 octobre a été évoquée par le Défenseur des Droits, le 6 octobre.