Hauts-de-France: La région veut (bien) figurer aux génériques

SANTÉ Les Hauts-de-France peuvent encore améliorer le recours aux médicaments génériques, estime l'Assurance maladie...

Olivier Aballain

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Médicaments génériques
Médicaments génériques — F. Durand / SIPA

Bien, peut mieux faire. Le bulletin des Hauts-de-France en termes d’utilisation des médicaments génériques peut encore s’améliorer.

La région est certes « dans le peloton de tête » des territoires français les mieux convertis à l’usage du générique, selon Claude Gady-Cherrier, coordinatrice à l’assurance maladie des Hauts-de-France. Mais avec 46,2 % de prescription chez les médecins généralistes et 44,3 % dans les hôpitaux publics, les génériques ont encore une bonne marge de progression. « En Allemagne, le taux est à 75 % », remarque le Dr Gady-Cherrier.

L’enjeu est énorme : entre 2010 et 2014, grâce aux génériques (dont le prix est 30 % moins élevé que la moyenne des médicaments), le système français a économisé 7 milliards d’euros.

Voici comment l’Assurance Maladie compte s’y prendre pour continuer sur sa lancée dans la région.

Expliquer. « Les médicaments génériques ont subi les mêmes tests que les autres, et ils ont la même efficacité, scientifiquement prouvée », explique le Dr. Dany Sachy, pharmacienne-conseil à la Direction régionale du service médical. Mais il faut savoir l’expliquer au patient. « C’est souvent une question de temps, avance le Dr Jean-Claude Soulary, grand promotteur du générique dans son cabinet de Dechy (Nord). Céder [à celui qui veut un médicament d’un laboratoire précis], ça prend une seconde. Ne pas céder, ça prend cinq minutes. »

Former. « Il peut paraître plus simple de citer un médicament par son nom commercial le plus connu, comme le Clamoxyl [un antibiotique], plutôt que par le nom de la molécule, l’amoxiciline », reconnaît le Dr Jacques Bonneterre, cancérologue au Centre Oscar Lambret. La pratique perdure même chez certains étudiants-internes, « mais ça évolue ». Heureusement, car indiquer le nom de la molécule sur une ordonnance, c’est l’arme principale du médecin dans sa croisade pro-génériques.

« On voit des patients arriver à la pharmacie en demandant le “vrai médicament” », raconte le Dr Sophie Sergent, pharmacienne à Liévin, « mais avec le nom de la molécule ce n’est plus possible ». Du reste, les pharmaciens des Hauts-de-France produisent déjà un gros effort, puisqu’ils substituent par un équivalent générique 83,6 % des noms commerciaux notés sur les ordonnances, contre 82,8 % au niveau national. Objectif 2016: 86 %.

Communiquer. Une campagne de communication nationale est lancée, avec des spots télévisuels sur un ton humoristique qui avait fait fureur à propos des antibiotiques (»Les antibiotiques, c’est pas automatique »). Objectif : Convaincre les patients que le médicament générique est un médicament à part entière.