«Jungle» de Calais: Le camp de migrants pourra-t-il être évacué le 17 octobre?

REFUGIES Alors que la date du 17 octobre a été citée pour l’évacuation du camp de migrants de Calais, Jacques Toubon doute que les structures d’accueil soient prêtes…

Olivier Aballain

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Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais.
Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais. — Gilles Durand / 20 Minutes

Sur le papier, l’évacuation des migrants de Calais est acquise. Une date, le 17 octobre, a même été communiquée aux forces de l’ordre qui se préparent aux opérations de démantèlement, d’après le Canard Enchaîné. Mais l’État sera-t-il prêt, ce jour-là, à orienter et accueillir les populations déplacées ? Le Défenseur des Droits paraît en douter.

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Dans une lettre adressée au ministère de l’Intérieur, Jacques Toubon a fait part de ses inquiétudes « les plus vives » sur les conditions de l’évacuation.

Les places ne sont pas encore prêtes

Le texte s’alarme en particulier de la situation du petit millier de migrants mineurs. Certains ont demandé un regroupement familial au Royaume-Uni mais, selon le Défenseur des Droits, « rien n’indique qu’ils puissent continuer à être suivis et accompagnés dans leurs démarches après le démantèlement du camp ».

En outre, le regroupement de certains enfants dans des centres initialement prévus pour des adultes inquiète Jacques Toubon, notamment pour ce qui est du suivi socio-éducatif imposé par la loi.

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Enfin, concernant les adultes, Jacques Toubon demande instamment à connaître le nombre de places d’hébergement débloquées en France, ainsi que leur localisation. Le ministère de l’Intérieur comptait en trouver 12.000, mais le processus va probablement prendre plus de temps que prévu.

Ainsi la maire de Lille, Martine Aubry, a-t-elle indiqué le 5 octobre qu’elle n’était « pas opposée, et même plutôt favorable » à l’accueil de nouveaux migrants dans sa commune, mais « à condition de ne pas être les seuls à le faire » dans la métropole lilloise.

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En conséquence, reprenant des critiques déjà exprimées par les acteurs associatifs qui interviennent à Calais, Jacques Toubon craint qu’un démantèlement insuffisamment préparé ne « conduise à fragiliser davantage le sort de ces personnes très vulnérables », une situation qu’il ne « saurait admettre ».