Boxe: Les clubs lillois profitent de l'effet JO

BOXE La belle image laissée aux Jeux de Rio permet à la discipline d’augmenter le nombre de ses licenciés…

Francois Launay

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Tony Yoka lors de son quart de finale à Rio le 16 août 2016.
Tony Yoka lors de son quart de finale à Rio le 16 août 2016. — Yuri CORTEZ / AFP

Six médailles et l’émergence d’un couple star –Estelle Mossely et Tony Yoka – pour donner un visage à la discipline. Aux Jeux Olympiques de Rio, la boxe a fait un véritable carton. Longtemps populaire en France, le sport était un peu retombé dans l’anonymat ces dernières décennies.

Mais avec l’effet JO, le noble art a retrouvé la lumière, et les clubs en profitent. Dans la région des Hauts-de-France, le Lille Ring United a pu clairement mesurer l’effet médiatique. Le club lillois a vu exploser son nombre de licenciés à la rentrée.

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« 20 % de personnes en plus »

« Dès la fin des Jeux, je recevais déjà des appels pour s’inscrire au club. C’est la première année que ça arrive. Il y a 20 % de personnes en plus. Ce ne sont pas forcément des gens qui vont rester mais l’effet Jeux leur a permis de passer le cap. Et puis, ce ne sont pas que des aficionados. Des pères de famille et leurs enfants franchissent aujourd’hui les portes du club », raconte Kader Rakem, entraîneur au Lille Ring United.

Un public divers

Dès la reprise des entraînements, le club nordiste a fait le plein. Une centaine de personnes a pris les gants contre une trentaine en temps normal. Et toutes les classes sociales sont représentées. « C’est un sport populaire. Ça reste le sport des quartiers mais ce qui change, c’est qu’on retrouve de plus en plus de boxeurs amateurs chez les "cols blancs". On a des avocats, des médecins, des profs qui viennent se dépenser chez nous », poursuit Kader Rakem.

Parmi tous ces licenciés, 30 à 40 % de femmes et aussi beaucoup de jeunes à qui le club accorde une attention particulière. « On a un rôle social. Des éducateurs viennent au club avec leurs gamins pour leur apprendre un cadre : le rapport à la ponctualité, la discipline, l’endurance. On travaille aussi sur la recherche d’emploi. On n’est pas juste des entraîneurs », estime l’éducateur lillois.

Un manque de reconnaissance

Reste que tout n’est pas forcément rose au pays des boxeurs. Si les Jeux ont donné un coup d’éclairage indiscutable sur la discipline, le boulot reste immense. « Aujourd’hui au club, on a trois numéros 1 français et un boxeur classé 60e mondial. Ce n’est pas rien pour une ville comme Lille. Ils ont un statut pro mais ils n’en vivent pas. C’est beaucoup de sacrifices. Il faut une volonté politique plus importante pour les aider à s’en sortir. Nos sportifs n’ont pas encore la même protection ni la même notoriété que des judokas par exemple et ça nous frustre un peu. »

Même si la moisson de médailles, la bonne image laissée aux Jeux et l’engouement actuel pourraient commencer à faire bouger les choses.