Pas-de-Calais: Défenestré pour une dette de 20 euros ?

JUSTICE Une jeune femme comparaît pour meurtre après la chute d’un de ses invités par la fenêtre…

G.D.

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Le tribunal de Saint-Omer.
Le tribunal de Saint-Omer. — G. Durand / 20 Minutes

Un SDF a-t-il été poussé par la fenêtre pour une dette de 20 euros ? C’est l’accusation qui plane sur une jeune femme de 23 ans, jugée jusqu’à mercredi à la cour d’assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer. Les faits remontent à mars 2013 et se sont produits dans le quartier de la Grande-Résidence, à Lens.

A la barre, l’accusée nie les faits. Selon elle, c’est le jeune homme qui s’est jeté de lui-même par la fenêtre, du haut du 4e étage, rapporte La Voix du Nord.

Fugue et prostitution

Ce soir là, l’ambiance est tendue dans l’appartement où la jeune femme reçoit plusieurs personnes pour partager whisky et cannabis. Son mode de vie est chaotique. L’enquête de personnalité montre un parcours difficile : placée en famille d’accueil à l’âge de 18 mois, elle multiplie les fugues et se livre à la prostitution dès l’âge de 16 ans pour gagner sa vie. Présentée comme manipulatrice, elle vient d’apprendre une mauvaise nouvelle : la justice a décidé de prolonger le placement de sa fille.

Au cours de la soirée, elle veut se rendre à Lille en profitant de la voiture de son ami SDF. Ce dernier est présenté comme influençable et serviable. Mais cette fois, il refuse. La discussion s’envenime, d’autant que l’accusée lui reproche d’avoir une dette de 20 euros à son égard.

Douze jours entre la vie et la mort

Le duo s’isole dans une pièce de l’appartement, à l’abri du regard des autres invités. A l’audience, elle affirme l’avoir vu sauter du balcon. Sa victime persiste à expliquer qu’il a été poussé dans un accès de rage. Il est resté entre la vie et la mort pendant douze jours à la suite de cette chute.

« Petite, elle était excessive mais je ne pensais pas qu’elle serait allée jusque-là. Elle pouvait être très gentille et démon en même temps. Je disais qu’elle avait la rage en elle parfois… », souligne sa mère adoptive à la barre.

La jeune Lensoise, qui « voulait vivre à 100 à l’heure » risque une peine de 30 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre.