Calais: La mairie interdit le mur, la préfecture passe outre

MIGRANTS La maire de Calais et la préfecture s'écharpent autour de la construction d'un mur anti-intrusions, le long de la rocade portuaire...

O.A. avec AFP

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Construction du mur en bordure de la rocade portuaire de Calais
Construction du mur en bordure de la rocade portuaire de Calais — P. Huguen / AFP

Jeux de rôles autour du mur anti-migrants de Calais. La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), a annoncé lundi avoir pris un « arrêté interruptif » réclamant l’arrêt de la construction du mur « anti-intrusions » le long de la rocade portuaire.

Ce mur « végétalisé », de 4 mètres de hauteur et 1km de long, doit empêcher les migrants de faire irruption sur la route, à proximité du camp où vivent entre 7.000 et 10.000 d’entre eux.

Ces intrusions fréquentes, très dangereuses, visent à ralentir le trafic pour permettre à des passagers clandestins de s’introduire dans les camions à destination de l’Angleterre.

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Mais Natacha Bouchart estime que cette barrière, qui prolonge des grillages déjà installés près du port, n’a « plus lieu d’être » depuis l’annonce du démantèlement programmé du camp, le 2 septembre, par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Elle est rejointe par Xavier Bertrand (LR) : « Pourquoi construire un mur s’il n’y a plus de migrants ? », s’interrogeait le président de la région Hauts-de-France, mi-septembre.

L’État soutient la construction, le Royaume-Uni finance

Cependant la construction du mur, financée par le Royaume-Uni pour 2,7 millions d’euros, est soutenue par l’État, via la préfecture du Pas-de-Calais. Cette dernière a donc déjà prévenu qu’elle prendrait elle-même un arrêté préfectoral afin de suspendre la décision prise par Natacha Bouchart.

Dans son arrêté municipal, la maire de Calais met en demeure la société de construction du mur de stopper les travaux en se basant sur les « entraves au code d’urbanisme et de l’environnement » que le chantier a entraînées.

Le texte met notamment en avant le fait que le secteur concerné est un «site classé remarquable ». « Les Calaisiens en ont ras le bol de voir des barrières et des barbelés partout », a déclaré Natacha Bouchart à l’AFP.