Lille: Union public-privé pour un traitement contre la sclérose en plaques

SANTÉ Deux laboratoires de Lille ont conclu un partenariat avec Sanofi-Genzyme pour mettre au finaliser un traitement contre la sclérose en plaque...

Olivier Aballain

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Neurones de rat en croissance
Neurones de rat en croissance — Wikipedia / EnCor Biotechnology Inc.

Les bonnes nouvelles restent rares dans la recherche contre la sclérose en plaques. Le partenariat signé ce lundi à Lille en fait bien partie. Deux laboratoires de recherche des facultés de pharmacie et de médecine de Lille ont reçu pour 3 ans et demi le renfort du géant Sanofi-Genzyme, afin de finaliser la mise au point d’un nouveau médicament permettant de combattre la maladie. C’est le résultat de dix ans de recherches.

La sclérose en plaques touche près de 100.000 personnes en France, dont les deux-tiers de femmes. Cette maladie dite « neurodégénérative » est provoquée, notamment, par une activité anormale de lymphocytes « tueurs » (cellules en charge des réactions immunitaires), qui s’attaquent à la myéline des neurones. L’inflammation finit par tuer ces neurones, provoquant divers symptômes neurologiques, dont la paralysie.

Qu’ont découvert les laboratoires lillois ? L’équipe du Professeur Patricia Melnyk, de la faculté de pharmacie, a réussi à mettre au point une molécule chimique qui favorise la reconstitution de la myéline. En interagissant avec une protéine présente dans les cellules, appelée Sigma-1, ce composé a deux effets, selon des résultats présentés par le Professeur Patrick Vermersch, de la faculté de Médecine. Il semble à la fois freiner la disparition de myéline, et augmenter le nombre de lymphocytes régulateurs (au détriment des « tueurs »).

Pourquoi faire appel à Sanofi-Genzyme ? « On peut toujours faire de jolis articles dans une revue scientifique, mais la base de notre travail est quand même de permettre la conception de nouveaux traitements », témoigne le Pr. Patricia Melnyck. Les chercheurs lillois comptent sur le savoir-faire de l’industriel pour transformer leur découverte en innovation thérapeutique. L’objectif, au terme des 3 ans et demi de partenariat, est d’aboutir à l’étude clinique d’un nouveau traitement médicamenteux.

Que peuvent y gagner les partenaires ? Côté facultés publiques, le géant Sanofi-Genzyme va financer la création de deux postes de chercheurs pendant trois ans, pour mettre au point un traitement. En échange, si le développement tient ses promesses, Sanofi sera prioritaire pour exploiter la molécule.