Lille: Que vont devenir les médiateurs dans le métro et les bus ?

TRANSPORTS Avec la nouvelle délégation de service public des transports en commun, les entreprises Citéo et Médiapole risquent de perdre le monopole de la médiation sociale…

Gilles Durand

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Illustration des transports en commun lillois.
Illustration des transports en commun lillois. — Olivier Aballain / 20 Minutes

Aujourd’hui, ils sont environ 450 à sillonner métros et bus de la métropole de Lille. Combien y aura-t-il de médiateurs sociaux à partir de 2018, date à laquelle le réseau de transport en commun va être géré par un nouveau délégataire de service public ?

A en croire Gérald Darmanin, vice-président (LR) chargé des Transports à Lille Métropole, il risque d’y avoir du changement. En avril, il promettait de « réorganiser le travail des médiateurs » dans Nord Eclair, s’appuyant sur un audit que Lille Métropole refuse de communiquer.

Aucune concurrence

Que dit cet audit ? La même chose qu’un rapport de la chambre régionale des comptes (CRC) rendu public quelques mois plus tôt, en décembre 2014. La CRC épinglait la gestion de la médiation dans les transports en commun de la métropole lilloise. Le rapport soulignait que si le coût de la sécurité avait peu varié entre 2008 et 2012 chez Transpole, « en revanche, le coût des prestataires externes Citéo et Médiapole avait progressé de 41,6 % passant de 11 à 16,1 millions sur la même période ».

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La CRC dénonçait surtout le fait que Lille Métropole imposait à Transpole « d’avoir un partenariat renforcé » avec les deux structures de médiation, « sans qu’un choix entre plusieurs prestataires ait pu avoir lieu ». Une situation que la CRC juge « critiquable » et à laquelle Gérald Darmanin a, semble-t-il, décidé de mettre fin. Contacté par 20 Minutes, ce dernier n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Des conséquences pour l’emploi ?

« On ne se sent pas dans la tourmente », assure-t-on chez Citéo dont le contrat, comme celui de Médiapole, se termine en décembre 2017. Pourtant, le non-renouvellement du monopole partagé avec Médiapole pourrait avoir des conséquences sur l’emploi.

« C’est notre principal contrat et nous travaillons avec une bonne moitié de personnes en parcours de réinsertion », précise-t-on chez Médiapole, dont le président de l’association mère,Vitamine T, est Pierre de Saintignon, ancien vice-président de Lille Métropole.

« Les médiateurs ont eu une véritable incidence sur l’humanisation des transports en commun. Leur travail est parfaitement mesurable et, en termes de coût, c’est assez limité », assure Citéo. Huit à neuf voyageurs sur dix se sentent d’ailleurs en sécurité dans les transports en commun lillois, selon le même rapport de la CRC. Une chose est sûre, un volet médiation sociale est prévu sur le cahier des charges du futur gestionnaire de Transpole.