L'ancien mineur gréviste Norbert Gilmez a été reçu à L'Elysée, le 28 septembre 2016.
L'ancien mineur gréviste Norbert Gilmez a été reçu à L'Elysée, le 28 septembre 2016. — SIPA

SOCIAL

Nord: Réprimés par un ministre socialiste, ils sont réhabilités par François Hollande

Le président de la République a reçu symboliquement à l’Elysée des mineurs grévistes de 1948…

Ils avaient été déchus de tous leurs droits. François Hollande a réintégré, mercredi, dans leurs grades militaires quatre mineurs grévistes de 1948, lors d’une cérémonie hautement symbolique à l’Elysée où il a célébré, au côté de Christiane Taubira, les valeurs et les luttes de la gauche.

Des destins brisés

A 95 ans, le nordiste Norbert Gilmez, un des derniers survivants de cette époque, était présent à ce rendez-vous. Cet ancien syndicaliste CGT poursuit ce combat pour la réhabilitation depuis 68 ans.

Aujourd’hui, ce sont « quatre destins qui avaient pu être brisés et qui ici retrouvent l’honneur », a souligné le chef de l’Etat devant une quarantaine de familles d’anciens mineurs. Il a rappelé que ces hommes avaient perdu pour avoir fait grève non seulement « leur emploi, leur logement, leur protection sociale » mais aussi ce « qui faisait leur fierté d’avoir été des Résistants, des combattants pour la patrie ».

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Fin 2014, à l’initiative de Christiane Taubira, alors Garde des Sceaux, l’Assemblée nationale avait voté la reconnaissance du licenciement abusif d’une trentaine de ces milliers mineurs, qui avaient cessé le travail à l’automne 1948 pour protester contre des décrets qui prévoyaient notamment la baisse de leur rémunération. La grèveavait été réprimé dans le sang – six morts dans toute la France – par un ministre socialiste.

Allocations de 5.000 à 30.000 euros

Après de longues batailles judiciaires, certains d’entre eux ainsi que des ayants droit ont fini par recevoir des allocations allant de 5.000 à 30.000 euros en réparation des licenciements abusifs.

Cette cérémonie concerne « des faits très loin dans le temps et pour un nombre très limité de personnes », a admis François Hollande, mais « réparer une seule injustice c’est déjà mettre le monde en ordre », a-t-il souligné.

Hommage à Christiane Taubira

Plus politique, le président de la République a également rappelé que c’est en 1981, année de l’arrivée de la gauche au pouvoir, qu’une loi d’amnistie avait permis à ces mineurs grévistes de retrouver « des droits qui leur avaient été ôtés : droit à l’allocation-chômage, droit à la retraite ».

Il a également rendu un hommage appuyé à Christine Taubira, égérie d’une partie de la gauche, louant cette « grande Française » à « la force de persuasion irrésistible », et qui « considère que partout où des droits sont blessés, c’est l’honneur même de la République qui est en cause ».