Calais: La maire menace de prendre un arrêté contre la construction du mur

SOCIÉTÉ Natacha Bouchart, maire (LR) de Calais, s’oppose farouchement à la construction du mur le long de la rocade portuaire…

M.L. avec AFP

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Le mur est censé empêcher les migrants de s'introduire comme ici sur la rocade portuaire.
Le mur est censé empêcher les migrants de s'introduire comme ici sur la rocade portuaire. — AFP

La maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), est hostile au mur « anti-intrusion » de migrants près du port, dont la construction a commencé, mardi. A tel point qu’elle a menacé, vendredi, de prendre un « arrêté interruptif » de ces travaux.

Dans un communiqué, l’élue explique que « n’ayant aucune réponse du gouvernement » sur sa demande de « non-démarrage de la construction », elle a fait établir, jeudi, « un constat d’infractions » au « code de l’environnement et de l’urbanisme » à l’encontre de l’entreprise ayant lancé les travaux.

Ultimatum de huit jours

« Sans réponse sous huit jours, je signerai un arrêt interruptif de travaux », ajoute-t-elle dans son texte. La maire de Calais estime en effet que ce mur n’a « plus lieu d’être » depuis l’annonce faite, le 2 septembre, par le ministre de l’Intérieur d’un démantèlement rapide de la « Jungle » de Calais.

« Vouloir arrêter la construction de ce mur végétalisé revient à décider d’envoyer un signal d’impunité aux passeurs », a répondu la préfecture du Pas-de-Calais, vendredi après-midi. Pour les services de l’Etat, le mur participe d’une « stratégie » face à un contexte de « crise migratoire internationale ». Les travaux « ont vocation à se poursuivre » car cette stratégie doit être pérennisée « bien au-delà » du démantèlement de la « Jungle » pour « diminuer l’attractivité du calaisis pour les passeurs ».

Interrogée par l’AFP, Natacha Bouchart a précisé que le constat d’infraction avait été établi par un « ingénieur du service urbanisme » de la ville. Il s’appuie notamment sur deux points : le secteur où est construit ce mur est « classé en zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager, devenu site classé remarquable », et il se situe en zone Seveso.

« Et quand on construit dans un tel périmètre, il y a des obligations, en termes de consultation ou d’études d’impact », affirme l’élue, qui estime de son « ressort » de prendre un arrêté.

« On se sent complètement enfermé »

« Je sais bien que la préfecture peut passer outre et le retirer. Mais je veux marquer les choses, en utilisant les armes juridiques en ma possession. Et si besoin, nous irons au tribunal », ajoute-t-elle, avant de lancer : « Les Calaisiens en ont ras le bol de voir des barrières et des barbelés partout, on se sent complètement enfermé ».