Procédure Denfer au tribunal de Lille

PROCES Après onze ans d'instruction, trente-neuf personnes accusées d'avoir participé à un réseau de revente de voitures volées en Belgique...

A Lille, O. A.

— 

Le système judiciaire était lui aussi au banc des accusés, mardi au tribunal correctionnel de Lille. Après onze ans d'instruction, le procès des trente-neuf personnes accusées d'avoir participé à un réseau de revente de voitures volées en Belgique pourrait bien aboutir à un gigantesque non-lieu. En cause: la longueur de la procédure, pointée par plusieurs avocats.

«J'étais encore au lycée quand les faits ont eu lieu», a résumé Quentin Lebas, défenseur de trois prévenus. «Ce délai de onze ans n'est pas un délai raisonnable, au sens où l'entend la cour européenne des Droits de l'Homme», a argumenté Anne Sapin, également avocate de la défense. Elle demande donc un non-lieu.

Dans la ligne de mire des deux avocats: le juge d'instruction de l'époque, qui n'a produit aucun acte à l'encontre de Mohamed Denfer entre 1996 et 1999, alors que le chef présumé du réseau était incarcéré en Belgique. «Comment expliquer ces lenteurs?», questionnent Lebas et Sapin.

L'énoncé de l'instruction donne quelques éléments: l'enquête a démarré en décembre 1995 dans un garage de la rue Raspail à Tourcoing, utilisé par la famille Denfer. Le temps de remonter la filière, les enquêteurs ont identifié 120 véhicules volés en Belgique puis revendus grâce à une réimmatriculation dans le Nord. Mis en cause par plusieurs témoins, Mohamed Denfer n'a été mis en examen qu'en 2003... après un délit de fuite. La requête en nullité sera examinée par les juges en même temps que les faits, vendredi.