Lille: Ils veulent masquer la publicité avec de l'art

SOCIETE Un collectif antipub proteste contre la bâche publicitaire géante du Palais des Beaux-Arts en inversant le procédé…

Gilles Durand
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L'art s'affiche sur la pub pour protester contre la pub qui s'affiche sur l'art, selon la formule du collectif Résistance à l'agression publicitaire.
L'art s'affiche sur la pub pour protester contre la pub qui s'affiche sur l'art, selon la formule du collectif Résistance à l'agression publicitaire. — R.A.P.

Ils appellent ça « la riposte de l’art ». Le week-end dernier, des militants antipub ont voulu transformer une vingtaine de panneaux publicitaires lillois en œuvres d’art, en y accrochant des tableaux. Par ce geste, ils entendaient protester contre l’immense bâche publicitaire qui, selon eux, « défigure » le Palais des Beaux-Arts de Lille depuis le début du mois de septembre.

« Une offense au patrimoine »

« Quel symbole la mairie a-t-elle voulu donner à la Journée du patrimoine en affichant cette pub géante ? Cette intrusion constitue à la fois une offense au patrimoine, à la culture, mais aussi à nos regards. On ne peut pas laisser faire ça », déplore Fabien Delecroix, coordonnateur du collectif .

Par ailleurs, ce collectif, créé il y a un an et demi, assure avoir envoyé deux lettres ouvertes. « La première à la maire de Lille pour qu’elle revienne sur cette décision et la seconde à la ministre de la Culture pour l’appeler à changer la loi qui permet l’installation de ces publicités gigantesques sur les monuments historiques », précise Fabien Delecroix.

D’autres actions en prévision

« C’est une bâche qui n’est là que pour un mois et qui offre à la ville 25.000 euros de recettes supplémentaires », se défendait le cabinet de Martine Aubry dans . Alors que la ville espérait en retirer entre 400.000 et 900.000 pour financer une partie du chantier de rénovation du Palais des Beaux-Arts, estimé à 8 millions d’euros.

Contrairement aux avec qui le collectif partage le même objectif, à savoir réduire la publicité dans l’espace public, « la RAP utilise d’autres méthodes », rappelle Fabien Delecroix qui ne prône pas « la désobéissance civile ». De futures actions sont, par ailleurs, prévues.