Migrants: Comment l'État peut réussir à désengorger Calais

RÉFUGIÉS L'évacuation du camp de migrants de Calais est possible à condition de réunir plusieurs conditions...

Olivier Aballain

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Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais.
Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais. — Gilles Durand / 20 Minutes

« Cette mesure d’urgence, qui appelle ensuite d’autres mesures plus pérennes, est indispensable ». Ce soutien à l’évacuation promise du camp de migrants de Calais n’émane pas d’un porte-parole du gouvernement. C’est la réponse de la fédération des transporteurs routiers (FNTR) aux critiques de Laurent Wauquiez, le président (LR) d’Auvergne-Rhône-Alpes.

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Ce dernier redoute de voir le gouvernement « multiplier des Calais partout en France ». « Pourquoi Calais devrait assumer seule cette situation ? », répond la FNTR. Voici comment l’État pourrait tenir son pari.

  • Des migrants qui veulent rester en France

Les migrants rejoignent Calais pour passer en Angleterre. Mais « quand on leur prouve que l’accueil est possible en France, on peut les convaincre d’aller dans une autre région », avait confié à 20 Minutes Damien Carême, le maire (EELV) de Grande-Synthe (Nord), en mars, à l’ouverture d’un camp dans sa ville.

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A cet égard, les derniers chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) vont dans le bon sens : Le nombre de demandes d’asile a progressé de 19 % sur les 8 premiers mois de 2016, par rapport à 2015. Plus d’un tiers de ces demandes ont reçu une réponse positive (36 %) contre 31,5 % en 2015.

  • Un dispositif adapté

Recueil des demandes d’asile, accompagnement social… « Ce que l’État met en place à Calais, il aurait dû le faire depuis des années partout en France », indique Me Norbert Clément, avocat spécialiste du droit des étrangers. Si l’État se mobilise pour recueillir les demandes d’asile dans une multitude de centres d’accueil et d’orientation (CAO), l’espoir est permis. Le ministère de l’Intérieur répète à l’envi, depuis le début d'année, que 80 % des migrants orientés vers un CAO sont éligibles à une demande d’asile. L’association Utopia56, présente à Calais et Grande-Synthe, prévient, toutefois : « Les réfugiés reviennent avec des témoignages de conditions très disparates d’un CAO à l’autre ».

  • Des camps ni trop grands, ni trop petits

La taille du camp de Calais, qui accueillait en août entre 6.900 (au dernier pointage des autorités) et 9.000 (selon les associations) migrants, place le secteur tout entier dans une situation difficile. Cette fois, l’État vise plutôt des rassemblements de 100 à 300 personnes. « Il faut des camps suffisamment grands pour que l’État puisse y consacrer des moyens humains », explique Me Norbert Clément.

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C’est là où le bât blesse : Il reste à trouver les infrastructures disponibles. Samedi à Saint-Brévin (Loire-Atlantique), deux rassemblements se sont tenus, l’un pour s’opposer à l’accueil de 70 migrants dans cette ville et l’autre pour apporter son soutien à ce projet dans le cadre du démantèlement de la « jungle » de Calais.