Lille: La métropole, un partenaire «exigeant» pour Iléo

COLLECTIVITÉS Paul Mousty, patron du nouveau prestataire Iléo, fait le point sur ses neuf premiers mois de distribution d'eau potable dans l'agglomération de Lille...

Olivier Aballain

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Lille, le 15 septembre 2016 - Paul Mousty, directeur general d'Ileo
Lille, le 15 septembre 2016 - Paul Mousty, directeur general d'Ileo — O. Aballain / 20 Minutes

Paul Mousty commence à reprendre son souffle. Le patron d’Iléo, la filiale de Véolia qui a repris en janvier la distribution d’eau potable dans l’agglomération lilloise, a passé quelques mois la tête sous l’eau pour assurer une transition sans heurts. Neuf mois après le démarrage, c’est l’heure d’un premier bilan.

Comment se passent les premiers mois d’une mission aussi cruciale ?

Je dirais: «aussi bien que possible». A mon avis, c’est la première fois, en France, qu’un contrat de cette taille passe, du jour au lendemain, d’un prestataire à un autre (avant 2016 la distribution était assurée par Suez). Cela représente62 communes, 315.000 foyers, dont certains n’étaient pas au courant qu’Iléo était leur nouveau fournisseur d’eau. Nous avons dû traiter 50.000 courriers le premier mois, quatre fois plus d’accueil que d’habitude dans nos agences, deux fois plus d’appels téléphoniques… Mais depuis cet été, la situation revient à la normale. C’est aussi grâce à nos 220 salariés, dont 200 ont été repris de l’ancien prestataire. Ce sont de grands professionnels.

Et du côté des usagers ?

Neuf mois plus tard, nous n’avons finalement que 160 réclamations en cours. Sur 315.000 foyers desservis, c’est un taux correct, je trouve.

Quels objectifs vous ont été fixés par la métropole de Lille (MEL) ?

Il y a treize indicateurs de qualité, qui peuvent, s’ils ne sont pas respectés, ramener à zéro notre marge de 2 % sur la durée du contrat [marché total de 445 millions d’euros sur huit ans]. On y trouve le nombre de CDI, le temps de réponse aux questions des usagers, leur satisfaction, la surveillance du réseau… Et aussi le rendement du réseau [rapport entre l’eau injectée et l’eau finalement consommée : plus il est élevé, moins il y a de fuites], qui doit atteindre 85 % en fin de contrat. Nous sommes partis de 79 %. Le premier objectif, pour 2016, est fixé à 80,5 %, et nous pensons pouvoir l’atteindre.

Quelles améliorations sont prévues sur le réseau ?

Nous avons prévu de changer 250.000 compteurs, sans surcoût pour l’abonné. Afin de repérer plus rapidement les zones de fuite, nous mettons aussi en place 360 compteurs de secteur, par quartier, ainsi que des compteurs spécifiques sur 1.900. bâtiments collectifs (salles de sport, etc.). L’installation de 1.100 “oreilles électroniques”, qui fonctionneront en permanence pour écouter les tuyaux, permettra de localiser précisément les problèmes éventuels.

Finalement, comment voyez-vous ce gros contrat lillois, avec du recul ?

C’est un contrat très important pour Véolia, avec une collectivité exigeante qui a souhaité conserver la maîtrise de la production d’eau, pour ne déléguer que la distribution. Cela préfigure sans doute les contrats que nous aurons à signer dans le futur, avec d’autres agglomérations.