Coupe Davis: Si la France joue une finale au stade Pierre Mauroy, Michel Seydoux se sentira «cocu»

TENNIS L’enceinte nordiste pourrait de nouveau organiser la finale au grand dam du président du LOSC…

Francois Launay
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Le président du Losc, Michel Seydoux.
Le président du Losc, Michel Seydoux. — Nivière / SIPA

Autant vous prévenir tout de suite. Pour l’instant, nous n’en sommes qu’au stade des hypothèses. Il n’empêche que la question pourrait se poser très rapidement. Si la France se qualifie ce week-end en Croatie pour la finale de la Coupe Davis, elle la jouera sur son sol.

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Lille est déjà candidat pour la finale

Deux ans après avoir organisé la finale perdue face à la Suisse, le stade Pierre Mauroy est à nouveau candidat. Bercy déjà pris à ces dates, l’enceinte nordiste et ses 27.000 places en configuration couverte pourrait bien avoir de nouveau les faveurs de la fédération française de tennis pour organiser l’événement du 24 au 26 novembre.

Si la Métropole Européenne de Lille (MEL) a déjà fait acte de candidature, tout le monde n’est pas forcément enchanté. Premier concerné : le LOSC. Le club de foot, qui joue toute l’année au stade Pierre Mauroy, va devoir modifier son calendrier si jamais la France va en finale et la joue dans le Nord. Et cette éventualité ne fait pas mais alors pas du tout plaisir à Michel Seydoux, le président du club nordiste.

« Le moins bon système de fonctionnement possible »

« Je suis au courant mais je n’ai été officiellement informé par personne. Damien Castelain, président de la MEL, avec qui j’entretiens de bonnes relations, n’a pas eu le courage de me parler de cette possibilité. Ça montre une fois de plus la complication de fonctionnement de ce stade Pierre Mauroy qui a trois décideurs : Elisa, gestionnaire du stade, qui a besoin de faire des événements pour avoir de l’argent. La MEL qui a aussi intérêt à avoir de gros événements. Et puis, vous avez le LOSC, un club résident qui a des priorités contractuelles mais qui ne sont pas respectées. C’est donc le moins bon système de fonctionnement possible », regrette le président lillois.

Une organisation trop tardive

Logiquement, pour organiser son calendrier de la saison, le LOSC doit être prévenu au plus tard en juin pour s’adapter. Cela a été le cas avec le Mondial de handball durant lequel des matchs seront organisés en janvier dans le stade nordiste. Mais pour la coupe Davis, le cas est différent. Pour savoir si la France va en finale, il faut attendre la mi-septembre alors que le calendrier de Ligue 1 est établi depuis plusieurs mois. « Ça crée forcément des tensions », avoue Michel Seydoux.

Reste que le président lillois ne pourra pas faire grand-chose. Si la France va en finale et la joue à Lille, il sera mis devant le fait accompli et devra s’adapter au nom de l’intérêt supérieur du sport français. Quitte à perdre de l’argent.

Une perte sportive et économique

« On me demande de décaler le Lille-Lyon au vendredi 18 novembre. Mais cette affiche pourrait être diffusée le dimanche soir sur une chaîne premium. En admettant qu’on le décale, on sera perdants économiquement. Ensuite, il y a le Lille-Caen prévu le mercredi 30 novembre soit trois jours après l’éventuelle finale. On ne pourra pas le jouer à cette date-là. Il faudrait alors l’inverser et on se retrouverait alors à jouer trois matchs d’affilée à l’extérieur. C’est préjudiciable sportivement mais aussi économiquement »

« Quand je vends un programme à mes abonnés plusieurs mois à l’avance, ce n’est pas pour changer le rendez-vous toutes les quatre semaines. Surtout que c’est un match en semaine qui amène traditionnellement plus de VIP que le week-end. Ça me coûte très cher », s’énerve Michel Seydoux qui rappelle que le LOSC est le plus gros contributeur annule du stade Pierre Mauroy avec 10 millions d’euros par an (loyer et charges).

« Un, je suis cocu. Deux, ça me coûte financièrement »

Bref, pas besoin de faire un dessin, le président du club nordiste n’est pas content. « Un, je suis cocu. Deux, ça me coûte financièrement. Les deux accumulés, c’est pas top », conclut Seydoux. Même si une hypothèse pourrait mettre tout le monde d’accord. Si la France est éliminée en demi-finale ce week-end, le problème n’aura plus lieu d’être. Mais ça, il ne faut pas le souhaiter…