Le camp de Norrent-Fontes, en septembre 2016.
Le camp de Norrent-Fontes, en septembre 2016. — AFP

JUSTICE

Pas-de-Calais: Le sort des migrants de Norrent-Fontes entre les mains du tribunal

Le 12 octobre, le tribunal de Béthune rendra sa décision sur l’évacuation, ou non, du camp de Norrent-Fontes…

Mercredi, la mairie de Norrent-Fontes et plusieurs propriétaires privés ont demandé, devant le tribunal Béthune, l’évacuation d’un terrain situé sur la commune où vivent entre 200 et 300 migrants dans des conditions précaires.

Le tribunal a été saisi en référé afin « d’ordonner l’expulsion de l’ensemble des occupants sans droit ni titre de différentes parcelles privées » de Norrent-Fontes, commune située entre Lens et Calais, a expliqué l’avocat des requérants, Maître Jean-François Pambo.

Un risque après le démantèlement de la « Jungle » de Calais

« Le démantèlement du camp de Calais, où vivent environ 9.000 personnes, est programmé et quand il sera démantelé, une multitude d’entre elles viendra se rapatrier sur le camp illicite de Norrent-Fontes », a-t-il argumenté. L’avocat a aussi estimé que ce camp, proche de l’autoroute A26, était « contrôlé par les passeurs ».

Le camp de Norrent-Fontes, en janvier 2011.
Le camp de Norrent-Fontes, en janvier 2011. - M.LIBERT / 20 MINUTES

Selon Bertrand Cocq, le maire de cette ville de 1.500 habitants, le camp a été installé en 2012 par la municipalité pour une capacité de 30 personnes (photo ci-dessus). Mais à présent, ils sont dix fois plus nombreux et « la commune n’est pas taillée pour mettre autant de personnes à l’abri lors des épisodes de grand froid », a-t-il assuré.

« La Jungle c’est tout ce qu’on a »

Une trentaine de migrants ont assisté à l’audience dans le calme. Certains portaient des tee-shirts avec la phrase, « La Jungle c’est tout ce qu’on a », inscrite dessus. Kamu, un Ethiopien de 17 ans qui habite dans le camp, a expliqué son souhait d’y rester pour « fuir la violence de la ''Jungle'' de Calais ».

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Selon l’avocate des migrants, Maître Julie Bonnier, « le site de Norrent-Fontes bénéficie d’une aide sociale. Si ce camp est évacué, ces personnes vivront dans les parcelles à proximité et n’auront plus ces aides, ni de soutien, ni de soins » proposés par les associations.

L’agent du défenseur des droits, Ratiba Aboufares, a estimé qu’il fallait « empêcher les expulsions sans solution adaptée » pour éviter que ces campements « se reforment à proximité » et que les migrants « soient encore davantage précarisés ».

Le tribunal doit rendre sa décision le 12 octobre.