Migrants: L'État veut créer 12.000 places pour désengorger Calais

RÉFUGIÉS Le Gouvernement a prévu de dénicher 12.000 places sur toute la France pour soulager Calais et la région parisienne...

O.A. avec AFP
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Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais.
Calais, le 17 décembre 2015 - Le camp de migrants à Calais. — Gilles Durand / 20 Minutes

Le gouvernement prend le taureau par les cornes. D’après un document révélé mardi , et consulté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur espère créer 12.000 places d’hébergement d’ici à la fin de l’année pour évacuer les « migrants de Calais » et de la région parisienne.

Ce « relevé de conclusions » a été établi à l’issue d’une visioconférence en date du 1er septembre. L’objectif est de faire émerger ces places « d’ici à la fin de l’année 2016 » dans des Centres d’accueil et d’orientation (CAO), créés il y a un an pour désengorger le . Selon l’estimation du document, pour y parvenir l’État devra « identifier » 8.200 « nouvelles places ».

« Critères démographiques » pondérés par région

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve avait confirmé, lors d’une visite à Calais , son objectif de « procéder au démantèlement dans les meilleurs délais et dans des conditions dignes » du campement de Calais.

Selon les instructions citées par cette note, « il a été décidé d’écarter dans la répartition (des places) les régions Île-de-France, particulièrement tendue sur la question de l’hébergement, et Corse ».

Ailleurs, la répartition se fera selon un « critère démographique pondéré par les efforts faits par chaque région », demandant par exemple 1.800 places à la région Auvergne-Rhône-Alpes, 1.500 à la Nouvelle Aquitaine….

Sans accord préalable avec des élus locaux

Il est demandé à chaque préfet « d’expertiser quels sites pourraient accueillir des migrants ». Le document précise que « localement, les négociations peuvent être entamées dès aujourd’hui avec la Poste, EDF et les villages vacances ». Il précise en outre que la liste du foncier public disponible devra être établie « sans que soit au préalable recherché l’accord avec des élus locaux ».

Cette précision porte sur la phase d’identification, et signifie que l’accord des élus locaux n’est « pas un préalable au repérage des opportunités », explique une source proche du dossier. « On les informe, on voit quelle est leur réaction et si elle est négative, on ouvre des discussions », ajoute-t-on.

En ce qui concerne la capacité des centres, elle devra être d'« au moins 100 personnes et 300 maximum », et « les orientations devraient commencer à la mi-octobre », selon le document. Cela coïnciderait avec l’ouverture d’un centre de transit pour migrants prévu à Paris.

« Humanité et fermeté »

Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Intérieur a souligné lundi soir que « le Gouvernement est cohérent et totalement engagé pour apporter une réponse équilibrée, associant humanité et fermeté, à la crise migratoire ».

Mais « Calais n’a pas vocation à porter seule l’effort. Cette problématique requiert des solutions durables et une solidarité nationale. Comme pour toute opération de démantèlement définitif, une solution de mise à l’abri doit ainsi pouvoir être proposée », a-t-on ajouté de même source, en soulignant que « la plupart des migrants actuellement à Calais relève effectivement de l’asile en France ».

Le président (LR) de la région Paca, Christian Estrosi, a pour sa part affirmé mardi sa « totale opposition » au projet du gouvernement de créer des places dans les régions pour les migrants, qui reviendrait selon lui « à créer des micro “jungles de Calais” ».

Interrogé à la fin août par 20 Minutes, l’avocat nordiste Norbert Clément, spécialiste du droit des étrangers, estimait au contraire que le dispositif mis en place par l’État à Calais « devrait être décliné un peu partout en France » avec des camps de taille plus réduite mais « suffisante pour que l’on puisse y détacher des travailleurs sociaux et des moyens administratifs ».