Lille: Martine Aubry «attentive» à l'irruption d'un local identitaire

POLÉMIQUE Des militants de Génération Identitaire s'apprêtent à ouvrir un local en plein centre de Lille...

Olivier Aballain

— 

L'intérieur de la maison identitaire de Lille
L'intérieur de la maison identitaire de Lille — La Citadelle

La « Maison identitaire et patriote » de Lille n’est pas ouverte, mais elle est déjà très remarquée. Une pétition contre l’ouverture de la Citadelle, nouveau quartier général du groupe Génération Identitaire, a récolté plus de 5.300 signatures en 3 jours sur Internet. La  pétition de soutien, lancée ce lundi, en est à 500 environ.

Interrogée par 20 Minutes, la maire de Lille, Martine Aubry (PS), s’est elle-même dit « très attentive » aux problèmes éventuels que la structure « pourrait engendrer » en termes de troubles à l’ordre public.

De son côté, Aurélien Verhassel, promoteur du lieu pour le compte de Génération Identitaire, préfère « laisser crier » ceux qui, « en bons traîtres, préfèrent aider les autres qu’aider les nôtres ». « Les nôtres », ce sont les adhérents de l’association, seuls autorisés à entrer, mais qui devront être « Français, au sens où l’entendait le Général de Gaulle [en 1959], c’est-à-dire de race blanche et de culture gréco-latine ».

Condamnation après une action à Arras

Génération Identitaire s’était déjà fait connaître en organisant de pseudos « patrouilles de sécurisation » du métro lillois en 2014, puis en déployant une banderole appelant à l’expulsion des « islamistes » sur le toit de la gare d’Arras, en août 2015 (une action pour laquelle six militants ont été condamnés à 500 euros d’amende par le tribunal correctionnel d’Arras).

« Nous menons des actions spectaculaires pour interpeller la société, et nous avons de plus en plus d’adhérents, explique Aurélien Verhassel (qui en revendique 300). Nous voulons nous implanter durablement à Lille avec un lieu identifié, où on proposera un bar associatif, des projections de film, des cours de boxe, etc... ».

« Ils vont y donner des cours de boxe de rue, ce sera un lieu sale ! », s’estomaque Josiane Dabit, conseillère de quartier (EELV), qui est à l’origine de la pétition lancée vendredi soir. « Je ne comprendrais pas que l’on puisse laisser ouvrir un lieu comme celui-là ici à Lille. Je veux faire réagir les partis politiques ».

Attendus au tournant

L’ouverture du lieu, rue des Arts, est prévue pour le 24 septembre. L’association La Citadelle, locataire des lieux, dit y avoir investi environ 20.000 euros dans ces 50m², dont 4.000 « pour la remise aux normes ». Le Mouvement des jeunes socialistes annonce qu’il « étudie les moyens juridiques » permettant d’en empêcher l’ouverture, mais l’arsenal est maigre pour un cercle privé. Ainsi la réglementation autorise la vente de boissons alcoolisées sans licence, si l’accès est réservé aux adhérents de l’association.

Aurélien Verhassel s’attend à des contrôles a posteriori. Il est effectivement attendu au tournant. Auprès de 20 Minutes, Martine Aubry confie avoir « saisi la préfecture » dès mardi 6 septembre, lorsqu’elle a appris « l’existence de cet endroit, par des riverains qui nous l’ont signalé ». Mais la maire rappelle qu’il faut respecter « la liberté d’installation et le droit de reprendre un bail commercial ». Une manifestation de protestation est déjà promise pour le 24 septembre.