Lille : Le Secours populaire lance un bilan santé gratuit pour les plus pauvres

SOCIAL Un partenariat entre le Secours populaire et l’Institut Pasteur permet aux plus précaires de bénéficier d’un bilan de santé complet et gratuit…

Gilles Durand

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Jean-Louis Callens, secrétaire général du Secours populaire du Nord.
Jean-Louis Callens, secrétaire général du Secours populaire du Nord. — G. Durand / 20 Minutes

Les pauvres sont d’une santé toujours plus précaire. Alors qu’une enquête nationale démontre qu’une forte proportion de la population se prive de soins pour des raisons économiques, le Secours populaire du Nord consolide son partenariat avec l’Institut Pasteur de Lille. Objectif : inciter les plus pauvres à effectuer un bilan de santé avant qu’il ne soit trop tard.

Hypertensions et diabètes détectés

« Sur les 15.000 bilans de santé gratuits effectués annuellement par l’Institut Pasteur, on détecte des pathologies dans 20 à 30 % des cas. Ce sont souvent des diabètes, des hypertensions ou des cancers de la peau. Ce diagnostic permet de prolonger l’espérance de vie des patients », souligne le professeur Patrick Berche, à la tête de l’Institut Pasteur de Lille.

Le nombre de personnes orientées par le Secours populaire reste modeste : 470 depuis deux ans, mais avec l’aide financière du Conseil régional, l’institution espère pérenniser ce travail de prévention. « Il faut lutter contre cette phobie d’aller voir le médecin, souligne Jean-Louis Callens, secrétaire général. Il existe plusieurs raisons : la peur de découvrir un problème et, surtout, le manque de moyens. Les gens connaissent rarement leurs droits. »

« C’est mieux pour moi »

Accompagné par le Secours populaire, Yves a passé le cap. Cet habitant de Lille-Fives de 63 ans a réalisé un bilan de santé à l’Institut Pasteur, il y a cinq mois. « Chaque fois que je vais voir un médecin, il me trouve quelque chose, note-t-il avec fatalisme. Cette fois, c’est l’hypertension ». Depuis, il est sous médicaments. « A vie, ajoute-t-il. Mais c’est mieux pour moi, quand même ».

C’est en fréquentant l’atelier cuisine du Secours populaire pour « un problème de malbouffe », dit-il, qu’Yves a été conseillé. « La santé est devenue une de nos principales préoccupations, relance Jean-Louis Callens. Il n’est pas normal qu’un tiers des Français, par exemple, renonce à une consultation chez un dentiste pour une raison d’argent ».