De Loon Plage à l'US Open: Aux origines de Lucas Pouille, ce ch'ti devenu grand

TENNIS Le Nordiste est la nouvelle star du tennis français

François Launay
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Lucas Pouille a battu Nadal à l'US Open
Lucas Pouille a battu Nadal à l'US Open — Darron Cummings/AP/SIPA

A quoi tient une grande carrière ? Souvent à pas grand chose. Dans le cas de , qui dispute ce mardi un quart de finale de l'US Open face à Gaël Monfils, ça s’explique surtout par un hasard géographique.

Quand , près de Dunkerque, ouvre ses portes en 2001, la maison familiale de la nouvelle star du tennis français ne se situe qu’à 200 mètres à pied. Rajoutez à ça un ami de la famille qui bosse au club et voilà comment le Nordiste se retrouve à ouvrir les portes d’un grand destin.



Plus porté sur le foot que sur le tennis

Sans cette proximité, pas sûr que Lucas Pouille en serait aujourd’hui à deux quarts de finale de Grand Chelem dans la même année (Wimbledon, US Open). « A l’époque, Lucas avait 7 ans et il était surtout porté sur le foot car son père était plus ballon de foot que sur la petite balle jaune. On l’a vu débarquer un mercredi à l’entraînement et très vite on a vu qu’il était doué », raconte Christophe Zoonekynd, son premier entraîneur.

Un acharné de travail

Rapidement, Lucas Pouille franchit les étapes. D’année en année, à force de boulot, le gamin progresse. « C’était un talent pur. Ce n’était pas forcément le meilleur au début mais sa capacité à travailler était rare. Il a très vite fait beaucoup de sacrifices. Quand ses copains allaient se promener à vélo pendant les vacances, lui passait 10 à 12 heures par semaine au club », poursuit son premier mentor, prof de maths dans le civil.

Après cinq ans passés à Loon Plage, le gamin est repéré par la fédération française qui décide de lui faire intégrer à douze ans le pôle France de Poitiers réservé aux meilleurs espoirs de sa génération. « On savait qu’il avait le potentiel pour jouer sur le cicruit ATP. Mais entre être dans les 600 meilleurs mondiaux et intégrer le top 20, il y a un monde. Et à 12 ans, on ne pouvait pas forcément s’attendre à ça », reconnaît Zoonekynd.

« C’est assez surréaliste »

Ça, c’est la victoire en cinq sets face à Nadal lundi à l’US Open ou encore . « J’étais dans les tribunes, et quand je l’ai vu sur l’écran géant avec la tête de Lucas à côté de Federer, le plus grand joueur de l’histoire, c’était assez surréaliste. On a du mal à y croire. Je me dis que j’ai eu la chance de l’avoir eu comme élève », lâche son ancien prof.



Il vient encore soutenir ses potes aux Interclubs

Mais n’allez pas croire qu’à force de fréquenter le gratin, le Nordiste a pris la grosse tête. En témoigne cette anecdote révélatrice. En juin dernier, alors qu’il a un week-end off juste avant Wimbledon, Lucas Pouille passe voir sa famille à Loon Plage. Mais plutôt que de passer le dimanche autour d’un poulet rôti, le tennisman de 22 ans s’en va soutenir ses potes au club de tennis.

« On avait un barrage d’accession en Nationale 1 B. Il a passé tout le dimanche au club pour nous soutenir, tout en déconnant avec ses anciens potes. C’est quelqu’un de très humble qui est resté très attaché au club », admire Zoonekynd. Un club qui a peut-être enfanté un futur vainqueur de Grand Chelem, tout ça pour un hasard géographique...