Le meurtrier présumé d’Antoine Dupont s’est suicidé en prison

JUSTICE Le principal suspect dans l'enquête sur le meurtre d'Antoine Dupont, à Gonnehem, s'est suicidé vendredi soir...

Olivier Aballain

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Le centre de détention pénitentiaire de Lille Annoeullin peut accueillir 688 détenus exclusivement masculins. Il vise à remplacer la prison de Loos, trop vétuste.Annoeullin, le 21 juin 2011
Le centre de détention pénitentiaire de Lille Annoeullin peut accueillir 688 détenus exclusivement masculins. Il vise à remplacer la prison de Loos, trop vétuste.Annoeullin, le 21 juin 2011 — MIKAEL LIBERT / 20 MINUTES

Après avoir caché les faits pendant plus d’un an et alerté lui-même la presse sur la disparition de son beau-fils de 15 ans, il avait avoué son meurtre en mars, conduisant les enquêteurs à l’endroit où le corps était dissimulé.


Interview de Marc Demeulemeester (avril 2015)

Marc Demeulemeester, le principal suspect dans l’affaire du meurtre d’Antoine Dupont, de Gonnehem (Pas-de-Calais), a mis fin à ses jours en détention préventive à Charleville-Mézières, vendredi soir.

Le suicide du détenu, en l’absence de ses deux camarades de cellule, avait été annoncé ce week-end. C’est la Voix du Nord qui a révélé son identité ce jeudi.

Il alertait lui-même la presse sur la disparition

L’arrestation de Marc Demeulemeester avait défrayé la chronique cet hiver, à la conclusion de l’enquête sur la disparition d’Antoine Dupont, signalée un an plus tôt, le 28 janvier 2015.

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Les investigations étaient reparties de zéro en mars 2016, lorsque les services du procureur de Béthune avaient décidé d’élargir l’enquête à des faits d'« assassinat ». Cette requalification avait notamment permis d’effectuer des gardes à vue de longue durée.

Interrogé en premier, le beau-père avait avoué avoir attendu que sa compagne parte au travail pour étrangler l’adolescent dans son sommeil avec du fil de fer. Il aurait ensuite recouvert le corps d’une bâche et l’aurait jeté dans le canal de Beuvry, en le lestant avec des parpaings pour empêcher que le corps remonte à la surface.

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Tout en contactant régulièrement la presse pendant la première phase de l’enquête, et en faisant mine de collaborer avec les enquêteurs, « il se rendait régulièrement sur les lieux pour remettre des parpaings » et « éviter que le corps ne se déplace en raison du courant », avait alors relaté le parquet de Béthune.

« Fragilité psychologique »

Le détenu s’est suicidé avec le câble de la télévision. Il n’était à Charleville-Mézières (transféré de Lille-Sequedin) « que depuis quelques semaines, mais sa fragilité psychique était connue et il était suivi par un psychiatre », a indiqué à l’AFP le parquet de Charleville-Mézières. Les services du procureur assurent qu'« il n’y a pas eu de défaut de surveillance de la part de la maison d’arrêt ».

Toutefois, ce suicide du principal suspect « ne clôt pas l’instruction », a souligné le parquet, pour qui l’enquête « devra déterminer d’éventuels mis en cause supplémentaires »